A Marcinelle, l’antre de Marc Dutroux,"les fleurs poussent aussi parmi les ruines" Actua
A Marcinelle, l’antre de Marc Dutroux,"les fleurs poussent aussi parmi les ruines"
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A Marcinelle, l’antre de Marc Dutroux,"les fleurs poussent aussi parmi les ruines"

Exclu CLINT : Dans l’effervescence générale, nous nous sommes rendus ce mercredi à Marcinelle, où nous avons recueilli quelques témoignages devant la maison de Marc Dutroux.

 

Avec respect et pudeur, nous avons essayé de comprendre comment les familles riveraines de cette maison de l’horreur, vivent en « voisins » de l’indicible. Hier matin, un nouveau « tag » est apparu sur la façade de Dutroux, façade habillée il y a quelques années d’un panneau à la mémoire des enfants disparus. « Non à la libération », le message est bref mais clair !

 

Depuis quelques années la rue tente de se « reconstruire ». La plupart des anciens voisins de Marc Dutroux et Michelle Martin ont déménagé, les loyers se sont effondrés, certaines maisons sont vides mais un groupuscule de courageux reste au nom de « la foi en un lendemain meilleur pour leurs enfants » qui les anime.

 

Des artistes, connus ou moins connus, des écoles ou tout simplement des anonymes sont venus déposer sur les murs de la rue leurs messages d'espoir parce que « les fleurs poussent aussi parmi les ruines ».

 

Au numéro 124 de la rue vit Rose, un peu plus loin, au N° 134, sa fille Sandrine et ses quatre enfants. Entre les deux, le N°132, la maison de Dutroux …

 

Rose a également une autre fille, Laurie, maman de deux enfants et qui vit juste dans la rue adjacente. Rose se souvient encore du jour de la reconstitution des faits dans l’affaire Dutroux. Laurie avait 13 ans et rentrait de l’école. Le quartier était verrouillé. « Lorsque Laurie est passée à hauteur de Marc Dutroux, encadré de deux policiers, il a jeté un regard pervers à ma fille qui m’a glacé le dos, je m’en souviendrai toujours », nous confie-telle. Et de poursuivre : « un des deux flics lui a donné un fameux coup de matraque dans le ventre en lui hurlant : baisse les yeux et je te jure que tu ne regarderas plus jamais une gamine comme cela ! »

 

Pour Laurie, qui n’a jamais oublié les yeux de ce pervers : « elle et lui, c’est le diable en personne ! Ils resteront toujours des dangers ambulants et c’est pour que cela ne recommence pas que nous sommes contre la libération de Michelle Martin».

 

Pour tous dans le quartier, Michelle Martin, qui a rappelons-le trois enfants, « ne mérite pas d’être mère ». D’aucuns se souviennent encore d’elle s’arrêtant au bar tabac de la rue Maschaux pour papoter à l’intérieur en laissant bébé et landau à l’extérieur sur le trottoir et sans surveillance.

 

Mais aujourd’hui, Sandrine et Laurie sont à leur tour des mamans, et de bonnes mamans. Assises sur le perron de leur maison, elles se plaisent à regarder leurs enfants jouer sur la rue déserte. A pied ou à vélo, les enfants respirent la joie de vivre. « La rue n’est plus dangereuse », nous disent-elles, « parce que le mal est parti ». « C’est notre rue, elle a eu mille noms mais aujourd’hui, elle crie la vie après les nuages ».

 

Alors, Rose, Sandrine, Laurie et tant d’autres citoyens ordinaires n’ont sans doute aucun pouvoir décisionnaire mais tous croisent les doigts pour que la France n’accepte pas Michelle Martin sur son territoire. Et de ponctuer :«c’est comme si la France nous refilait Michel Fourniret ! Que chacun garde ses pédophiles et les fassent payer à perpétuité ! » (AD/photos AR)

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