Michèle Martin ET Marc Dutroux libérables... mais pas immédiatement Actua
Michèle Martin ET Marc Dutroux libérables... mais pas immédiatement
Actua

Michèle Martin ET Marc Dutroux libérables... mais pas immédiatement

Alors que Stefaan De Clerck s'oppose à la libération immédiate de Michèle Martin, l'avocat de Marc Dutroux rappelle que ce dernier est aussi libérable. L'annonce de la libération de Michèle Martin et sa possible réclusion dans un couvent suscitent des réactions indignées de la population.

Nouveaux rebondissements dans l'affaire de la libération de Michèle Martin. Stefaan de Clerck, ministre de la justice, a annoncé sur plusieurs médias qu'il s'opposait à une libération immédiate de Michèle Martin. Il faut d'abord s'assurer que toutes les conditions posées par le Tribunal d'application des peines soient remplies. Et l'avocat de Marc Dutroux affirme, lui, que sont client est libérable lui aussi.

Le déroulement des faits

Michèle Martin, 51 ans, a été condamnée en 2004 à 30 ans de prison pour avoir été la complice de Marc Dutroux dans l'enlèvement et la mort de plusieurs enfants, dont Julie et Mélissa.

C'est la quatrième fois qu'elle introduisait une demande de libération conditionnelle. Alors que les trois premières avaient été refusées et que l'avocat des parties civiles s'y opposait "car Michèle Martin n'a jamais exprimé de regrets", le tribunal d'application des peines de Mons a décidé de la libérer après 15 ans, soit la moitié de sa peine. Michèle Martin avait été incarcérée en 1996.

Des témoignages du personnel de la prison montrent en effet une "grande évolution" de Michèle Martin, suffisante aux yeux des juges pour justifier une libération sous conditions.

Michèle Martin ne peut approcher les victimes ou leurs ayant-droits, ne peut se rendre à Grâce-Hollogne, lieu de résidence des parents de Julie et Mélissa, ni à la côte ou à Hasselt ou habitent d'autres victimes et leurs familles. Elle devra prouver qu'elle cherche un emploi et continuera à indemniser les victimes en fonction de ses revenus.

Lundi, on apprenait que Michèle Martin pourrait être accueillie dans un couvent en France, si la justice belge ne lui interdisait pas de quitter le territoire.

Des réactions indignées

L'annonce de la libération de Michèle Martin a suscité une vague d'indignation et de protestation sans précédent. Jean-Denis Lejeune, le père de la petite Julie, morte de faim dans la cache de Marcinelle, profondément ému commentait ainsi sur RTL cette libération anticipée : "C'est choquant. On a parle toujours de l'affaire Dutroux, mais mois je dis, on aurait dû parler de l'affaire Dutroux, Martin et les autres. [...] Je pense qu'il faut arrêter de faire de la compassion pour cette femme. [...] elle est responsable de la mort de 4 enfants, elle a séquestré 2 autres enfants, elle est récidiviste, ne l'oublions pas."

Et il conclut par une phrase qui résume la plupart des réactions observées sur Internet : "Ils vont relâcher un monstre !"

Une page Facebook s'est immédiatement créée qui a accueilli des milliers de réactions indignées en quelques heures.

Une manifestation se tiendra aujourd'hui à 16 heures devant le tribunal de Mons pour exprimer la "honte de notre justice" comme l'expriment les participants qui devraient être aux environs de 2.500 cet après-midi.

Le NON en cassation

Existe-t-il un recours contre cette décision ? Oui, le parquet ne peut faire appel de cette décision, mais il peut introduire un "pourvoi en cassation". Le procureur général de Mons, Claude Michaux, a déjà indiqué qu'il introduira un pourvoi.

Celui-ci ne se prononce pas sur la libération elle-même. Le parquet doit prouver qu'il y a eu un vice de forme lors de la prise de cette décision.

Maître Xavier Magnée, l'ex-avocat de Marc Dutroux met en garde. Pour lui, la libération ne fait aucun doute. "On a tort d'espérer que la cour de cassation trouve quelque part un vice de procédure" déclarait-il ce matin sur les ondes d'RTL.

L'opposition du ministre

Ce matin, Stefaan de Clerck s'exprimait lui aussi sur différents médias et affirmait que le ministère de la justice s'oppose à une libération immédiate. Michèle Martin ne sera pas libérée aujourd'hui, même en l'absence d'un pourvoi en cassation, déclare le ministre.

En effet, pour le ministère de la justice, il faut d'abord vérifier que toutes les conditions de libération de Michèle Martin sont remplies avant de la relâcher.

Elle pourrait trouver refuge dans un couvent en France, mais cela dépend des autorités françaises et aucun contact n'a encore été pris par le SPF justice.

Marc Dutroux bientôt libéré ?

"Si Michèle Martin est libérable sous conditions, alors une libération anticipée de Marc Dutroux doit aussi être possible" a déclaré Ronny Baudewijn, l'actuel avocat du pédophile.

Techniquement, il n'a pas tort. Marc Dutroux a également accompli une partie de sa peine.

Maix son ancien avocat, Maître Xavier Magnée, rappelle que même si c'était le cas - ce qui est fort improbable - la peine de Marc Dutroux est assortie d'une mise à disposition du gouvernement de dix ans. Le ministère de la justice pourrait donc interdire sa sortie pendant dix ans après sa libération par le tribunal d'application des peines. Mais après ? Après, il n'y aurait plus aucun recours...

La balle dans le camp de la cour de cassation

C'est aujourd'hui à 16 heures que l'on saura avec certitude si le procureur général de Mons, Claude Michaux, introduira un pourvoi en cassation.

Si cette cour constate un vice de procédure dans la décion de libération, elle pourra la casser. Et Michèle Martin retournera à la case prison.

Sinon, lorsque le ministère de la justice aura vérifié toutes les conditions de libération, Michèle Martin redeviendra une citoyenne (presque) comme les autres... (MB).

WebAds_Mobile_3

0 claps
0 visitors

Place comments

666

0 Comments

More comments

You are currently seeing only the comments you are notified about, if you want to see all comments from this post, click the button below.

Show all comments