Que se passe-t-il VRAIMENT à Molenbeenk ? D'une part, le bourgmestre Philippe Moureaux parle de "petits problèmes de voisinage". D'autre part, Annemie Turtelboom l'accuse de minimiser. Et aujourd'hui, l'agence de pub BBDO publie une lettre ouverte où elle raconte les 152 agressions qu'elle a subies...
Rien ne va plus à Molenbeek. Le bourgmestre Philippe Moureaux, dans une interview au Morgen, évoque de "petits problèmes de voisinage". La ministre de l'intérieur, Annemie Turtelboom réagit aussitôt. A nos confrères de Knack, elle affirme que le bourgmestre de Molenbeek "minimise les problèmes". Il parle en effet de 15 agents affectés à la sécurité, alors que d'après la ministre Open VLD, la police fédérale a détaché pas moins de 45 hommes pour garantir la "paix civile" à Molenbeek...
L'agence de publicité BBDO, déclare, elle dans une lettre ouverte dont nous publions l'intégralité, qu'elle a subi pas moins de 152 agressions... Dont dix menaçant l'intégrité physique de ses employés, rien que cette année. Voici la lettre qu'adresse le personnel de l'agence au politicien PS :
"Monsieur le Bourgmestre,
Dans un journal national du vendredi 17 juin, vous affirmez que le débat sur les problèmes d’insécurité dans votre commune Molenbeek est “basé sur des mensonges”.
Vous n’auriez pas pu nous humilier davantage.
Nous sommes dix collaborateurs de BBDO. L’an dernier, nous avons tous les dix été victimes de ce que vous nommez prétendument des petits ‘incidents’. Commis par des jeunes qui nous arrachent violemment notre sac. Des jeunes qui brisent les vitres de nos voitures. Des jeunes dont les injures verbales sont devenues telles que nous sortons en rue la peur au ventre. Des jeunes qui se sont même permis de pointer une arme sur l’un de nos collègues masculins.
Quand vous dites ‘Bon, de quoi parlons-nous au juste ?’, vous nous décevez et nous faites honte. Car il faut enfin dire la vérité. Ces dix dernières années, nous avons dénoncé 152 faits concernant des actes perpétrés contre nos collaborateurs ou notre bâtiment. Oui, 152, dont 10 avec agression corporelle rien que cette dernière année. Est-ce un grand problème de cohabitation sociale ? Si vous aviez subi ces agressions vous-même, vous ne parleriez certainement pas de ‘petits quartiers où les choses se passent un peu plus difficilement’. Car croyez-nous : la ‘petite’ criminalité n’existe pas.
Le vrai problème, c’est que ce vous faites est insuffisant pour mettre un terme à cette situation plus que sensible. Plus grave encore : vous la niez. C’est pourquoi notre direction a dû elle-même trouver des solutions. Jusqu’à engager une firme de sécurité qui lui coûte une fortune. Jusqu’à mettre sur pied un service de navettes sécurisées. Jusqu’à réserver toutes ses places de parking protégées pour les femmes de notre entreprise. Jusqu’à organiser des sessions de Crime Control pour tous les collègues.
Si vous niez l’existence d’un problème de cohabitation à Molenbeek, alors vous ne pouvez pas non plus le résoudre. Nous ne menons aucune campagne politique. Nous voulons simplement pouvoir marcher jusqu’à notre voiture, le métro ou notre travail en toute sécurité. Nous ne doutons pas que c’est ce que vous voulez, vous aussi. C’est en tout cas le minimum que l’on peut attendre de son bourgmestre. Ne croyez-vous pas ?
Avec nos meilleures salutations,
Anne, Ekaterina, Gloria, Hanne, Inge, Luc, Sara, Tina, Valérie, Véronique."
Alors où se situe la vérité ? Charmante petite commune bruxelloise où il fait bon vivre ou Chicagobeek ? Faites-nous part de vos impressions et de vos expériences. (MB).
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