Le Moyen Orient s'est encore embrasé lors du 63e anniversaire de la Nakba : la proclamation de l'Etat d'Israël en 1948. De Jérusalem à la Syrie, de l'Egypte à la Turquie, des milliers de manifestants ont exprimé leur soutien à la cause palestinienne. Des manifestations réprimées dans le sang.
Une fois de plus, le Moyen Orient est en flammes. Le 63e anniversaire de la Nakba est marqué par de nouvelles violences. De Jérusalem à la Syrie, de l'Egypte à la Turquie, des milliers de manifestants ont exprimé leur soutien à la cause palestinienne. Mais si, comme en Turquie, les manifestations sont bien accueillies par les autorités, dans d'autres pays comme l'Egypte, Israël ou le Liban, les manifestants ont été durement réprimés.
Le 63e anniversaire de la "Catastrophe"
Nakba, en arabe signifie "Catastrophe". La catastrophe, pour les Palestiniens et leurs soutiens, c'est la proclamation de l'Etat d'Israële le 14 mai 1948. C'est la destruction de village et la déportation des populations. 760.000 Palestiniens quitteront leur territoire.
Actuellement, on estime la population palestinienne totale à 7 millions dont 4,7 millions sont des réfugiés selon le recensement de 2010 par l'UNRWA, l'Office de Secours et de travaux des Nations Unies pour les Réfugiés.
1,4 million vivent dans 58 camps en Jordanie, Cisjordanie, Gaza, Syrie et Liban, suite aux guerres de 1948 et 1967. Israël refuse le droit au retour de ces exilés.
600.000 d'entre eux vivent dans les pays du Golfe (Koweït, Émirats arabes unis). Et une diaspora a émigré vers les Etats-Unis, l'Europe, l'Amérique latine, etc.
Un anniversaire marqué par la violence
Les manifestations ont commencé le 14 mai et se poursuivent dans certains pays du Moyen Orient.
En Turquie, les manifestations n'ont suscité aucun incident notable.
Par contre au Sud Liban, à la frontière israëlienne, des milliers de réfugiés s'étaient rassemblés dans la localité frontalière de Maroun ar-Ras, à un kilomètre de l'État hébreux. Des jeunes se sont approchés des soldats israëliens massés de l'autre côté et leur ont jeté des pierres en criant "Par notre âme, par notre sang, nous nous sacrifions pour toi, Palestine."
La riposte ne s'est pas attendre : les soldats ont ouvert le feu blessant 112 personnes et en tuant 10 autres.
En Egypte, le bilan est provisoirement de 353 blessés. Une manifestation pro-palestinienne a eu lieu hier, dimanche, devant l'ambassade d'Israël au Caire. Les forces de police ont dispersé les manifestant en utilisant des balles recouvertes de caoutchouc, des grenades lacrymogènes ainsi que des balles de guerre. Au moins trois personnes ont été tuées par balles de guerre.
Les manifestants ont riposté en brûlant des pneus et en jetant des pierres. Vers 4 heures du matin, la manifestation était terminée et des douzaines de manifestants arrêtés. Rappelons que l'Egypte est le premier pays arabe à avoir accueilli une ambassade israélienne. Le second étant la Jordanie.
Dans le nord de la Bande de Gaza, les forces israëliennes ont ouvert le feu sur des personnes parcitipant à une marche d'anniversaire de la Nakba et blessés 80 personnes et tué au moins l'une d'entre elles.
D'autres troubles et arrestations ont eu lieu en Cisjordanie, notamment dans le camp et le checkpoint de Qalandiya où la police a également utilisé les gaz lacrymogènes et arrêté une vingtaine de personnes.
4 Syriens auraient été tués sur le plateau du Golan, territoire syrien annexé par Israël lors de la guerre de 1967.
La Nakba toujours aussi vives dans les mémoires, tant israélienne que palestinienne. Mais c'est sans doute Mahmoud Abbas, le président de l'autorité palestinienne qui a donné le mot de la fin. Il a déclaré lors d'une conférence de presse ce matin : "quoi qu'il arrive, les Palestiniens auront un jour leur état indépendant en Palestine." (MB).
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