Accusé d'avoir montré son postérieur à des jeunes filles mineures en descendant d'un bus, il demande à ses dénonciatrices : "Et sur quelle fesse je porte une cicatrice ?"
Le métier de magistrat n'est pas toujours de tout repos et la présidente du tribunal correctionnel de Namur, Martine Scarcez a sans doute apprécié ce moment de franchise peu commune dans les prétoires.
Norbert habite Mettet où il est accusé d'avoir commis des faits de moeurs en 2008 et 2009. Mais il n'est pas prêt à assumer n'importe quoi. "Tout ça, ce sont des mensonges. J'ai des voisins qui ne m'aiment pas. Alors, ils ont forcé des gamines à raconter n'importe quoi pour me faire des ennuis." Il ajoute : "Je sais que j'ai une grande gueule - je bois des trente-trois - et je ne m'en suis jamais caché. Quand on me cherche, j'emmerde tout le monde. Mais, ce n'est pas, pour autant, que je fais du mal aux gens."
Lorsque la présidente lui demande d'expliquer pourquoi il a montré son postérieur en descendant du bus, il hurle : "Ces gens qui disent avoir, soit disant, vu mon cul, savent-ils seulement dire sur quelle fesse je porte une cicatrice?"
Son avocat Maître Marc Preumont estime que son client est victime de sa réputation de bon vivant : bruyant, amateur de bière, ce technicien de laboratoire au chômage admet : "Je suis prêt à faire des efforts. Mais, que voulez-vous? Il y a des bistrots, partout. Alors, moi, je fais marcher le commerce. Je n'ai plus grand-chose d'autre à faire".
Le ministère public requiert un an de prison avec une probation et un suivi psychologique, ce à quoi notre lascar répond : "Je suis prêt à me faire aider psychologiquement. Pour autant qu'on ne me colloque pas, de nouveau, à Dave, où j'ai déjà passé quelques mois. La mise en observation et la probation : ça ne rime à rien. Il y a des psychiatres qui racontent et qui décident n'importe quoi. Ils feraient mieux de démasquer les vrais criminels plutôt que de faire enfermer des braves gens. Moi, j'en connais un très bon, à Charleroi. C'est quelqu'un de compétent. Il écrit même des bouquins. Avec lui, on se comprend. Il sait que j'ai besoin, régulièrement, de libérer mes nerfs. "
Quand il se tait enfin, le tribunal fixe le prononcé du jugement au 7 avril.
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