L’actualité présente, relative à la catastrophe de Fukushima, a ramené la question du nucléaire au centre de l’attention du public et des pouvoirs politiques. Elle nous rappelle brutalement l’ambivalence de l’énergie nucléaire, prometteuse d’une énergie abondante répondant à nos besoins mais porteuse de risques environnementaux et sanitaires effrayants.
Dans ce contexte il est plus que jamais nécessaire de s’interroger sur la manière dont nos sociétés organisent les décisions publiques portant sur ces questions hautement techniques et sur les risques sécuritaires qu’elles comportent.
Avec cette prise de conscience, une gouvernance globale de la gestion des déchets radioactifs se matérialise dans la mise sur pied de groupes de travail internationaux dans des instances telles que l’OCDE, l’UE ou l’ONU.
Après huit ans de discussions tendues, l'Union européenne s'est ainsi dotée ce mardi d'une directive encadrant la gestion « responsable et sûre » des combustibles nucléaires usagés et des déchets radioactifs.
La solution du stockage
Le nouveau texte oblige notamment les quatorze pays européens ayant recours à l'atome civil de détailler d'ici à 2015 la manière dont ils comptent stocker définitivement leurs déchets radioactifs. Une question, toutefois, à laquelle aucune réponse précise n'a encore été apportée dans la plupart des États membre.
« C'est une réalisation majeure pour la sûreté nucléaire dans l'Union européenne », s'est félicité mardi le commissaire européen en charge de l'Énergie, l'Allemand Günther Oettinger. « Après des années d'inaction, l'Union s'engage pour la première fois pour un stockage définitif des déchets nucléaires. Avec cette directive, l'Europe devient la région la plus avancée pour la gestion sûre des déchets radioactifs et des combustibles usés », a-t-il ajouté.
L’exportation des déchets radioactifs
A l'origine, la Commission souhaitait interdire l'exportation de déchets. Mais les États membres ont réintroduit cette possibilité dans la directive, sous strictes conditions, notamment la présence de sites de stockages définitifs dans les pays qui accueilleront les déchets. « Si les États membres exportent leurs déchets radioactifs sans respecter ces règles, il y aura alors une procédure d'infraction », a encore précisé Günther Oettinger.
Cette option d’exportation a été dénoncée par l'organisation écologiste Greenpeace et par le groupe des Verts au Parlement européen. « L'attitude imprudente des États membres sur la question des exportations de déchets nucléaires dans les États tiers est scandaleuse », a ainsi jugé leur vice-présidente, l'Allemande Rebecca Harms. Le choix de l'exportation constitue, en effet, non pas la solution « la plus sûre », mais certainement aujourd’hui « la moins chère », ce qui risque de consolider de trop nombreuses situations de dérives déjà bien présentes, et notamment vers les pays du tiers-monde.
Depuis 2010, Greenpeace sensibilise les médias sur l’exportation des déchets nucléaires et sur l’ « opacité » qui entoure leur gestion. (AD)
Nous vous renvoyons à notre précédent article : « Somalie, poubelle du monde »
Nucléaire : l’Europe pourra continuer à exporter ses déchets radioactifs
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