La semaine dernière, nous vous parlions des frais de justice exagérément élevés en région liégeoise, notamment en matière d’expertise comptable. Des dépenses d’autant plus excessives que les expertises seraient très souvent allouées au même bureau. Aujourd’hui, nous pouvons le citer. Il s’agit du bureau géré par Olivier Deblinde.
Dans l’ensemble des expertises totales ordonnées par le juge Richard, un homme semble se réserver une part très belle du gâteau : l’expert-comptable Olivier Deblinde, celui-là même qui a été remis en cause début 2013 dans l’affaire Jean-Pierre De Clercq, ayant uniquement enquêter à charge, selon les résultats de l’enquête.
L’ex-député provincial Jean-Pierre De Clercq a-t-il été traîné dans la boue à cause d’une impartialité d’un acteur de la Justice? À en croire le jugement prononcé par le tribunal correctionnel en mars 2013 de ce Charleroi, c’est effectivement le cas, même si le siège ne s’est pas encore prononcé sur le fond de cette affaire de faux et de détournements.
« L’expert-comptable Olivier Deblinde a dû néanmoins entendre ses oreilles siffler, ce mercredi matin, lui qui fut désigné par la juge d’instruction Baeckeland pour examiner les curatelles litigieuses Jean-Pierre De Clercq avait la charge lorsqu’il était encore avocat », précisent nos confrères de Vers l’Avenir.
En 2006, le socialiste était inculpé de faux et détournements suite à une dénonciation du juge Felten, du Tribunal de Commerce de Charleroi, qui estimait particulièrement élevés les honoraires prélevés par le curateur lors du règlement de trois faillites. L’affaire avait entraîné la démission du député de ses fonctions politiques. Sept ans plus tard, et après de nombreuses péripéties judiciaires, l’affaire est enfin arrivée devant le tribunal correctionnel. Ce fut l’occasion pour Me Jean-Pol Schonnartz, conseil de JPDC, de fustiger le travail de l’expert Deblinde qu’il estimait partial. D’autant que ses différents rapports constituaient l’essentiel des charges retenues contre son client.
M. Deblinde a donc été entendu comme témoin à l’audience et, sous le scalpel du juge Moulard, celui-ci a fait étalage d’un travail bâclé, si ce n’est d’une forme d’incompétence. Dans son jugement prononcé ce mercredi, le tribunal n’y est d’ailleurs pas allé de main morte, relevant le caractère déloyal d’une partie des rapports, «les jugements arbitraires» de l’expert et l’absence de recherche d’éléments à décharge. Pis, l’intéressé, vissé sur ses a priori, a même outrepassé sa saisine, jusqu’à se prendre pour un juge d’instruction. Conséquence? Ses rapports sont annulés, à l’instar des devoirs d’enquête qui en ont découlé, tout cela aux frais du contribuable, bien sûr !
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