En Ouzbekistan, le gouvernement a lancé une politique secrète de stérilisation forcée des femmes. Pour contrôler la natalité, le dictateur ouzbek force les médecins à couper l'utérus des femmes, sans qu'elles le sachent ou sans qu’elles l’aient accepté.
Karimov est l’un des pires dictateurs de la planète. Il s’est notamment rendu tristement célèbre en condamnant des opposants au régime à être ébouillantés vivants. Elu en 1990 avec un mandat de 7 ans ; Islam Karimov dirige le pays depuis 22 ans.
Dans ce pays où la population est en croissance constante, un programme officiel de limitation des naissances n’existe pas. Toutefois, le dictateur a décidé de réguler officieusement les naissances à sa manière.
Des dizaines, voire des centaines de milliers de femmes ont ainsi été stérilisées secrètement lors d'une visite de routine ou d'un accouchement à l'hôpital. Une fois réveillées, elles ne réalisaient pas qu'on venait de leur retirer l'utérus.
Comme l'explique anonymement un gynécologue à Tashkent, la capitale Ouzbek, « tous les ans, chaque médecin reçoit un quota de femme à stériliser (…) Mon quota à moi, c'est 4 par mois ».
Et de préciser : « C'est très facile de manipuler une femme, et encore plus si elle est pauvre. Tu peux lui dire que c'est pour sa santé, qu'elle va souffrir si elle va avoir d'autres enfants. Ou tu peux aussi faire l'opération sans son consentement ».
Des témoignages de femmes en cascade
Adolat est l'une de ces femmes ouzbèkes stérilisées à son insu. Elle, qui a toujours rêvé d’avoir quatre enfants, s’est retrouvée du jour au lendemain stérile après la naissance de son deuxième enfant par césarienne. « J'ai été choqué, j'ai pleuré et demandé : "Mais pourquoi ?" ». Ce à quoi le médecin lui a répondu que c’était « la loi en Ouzbékistan ». Une autre mère a déclaré à la BBC avoir connu des mois de douleur et de saignements abondants après la naissance de son fils sans en comprendre le sens. Après un contrôle par ultrasons, elle a découvert que son utérus lui avait tout bonnement été retiré. « Ils m’ont juste dit : "Pourquoi avez-vous besoin d’avoir plus d'enfants? Vous en avez déjà deux." », raconte-t-elle.
Pire encore est l'histoire de Nigora. La jeune femme a dû subir une césarienne d'urgence. Le lendemain, on lui a appris qu'elle avait été stérilisée. Le même jour, son nouveau-né est mort. Nigora a 24 ans et n'aura jamais d'enfants.
Le régime ouzbek rejette les accusations
Si officiellement, l’Ouzbékistan encourage la stérilisation ainsi que l’avortement, si les ressources financières de la famille ne lui permettent pas de faire face à l’arrivée de plusieurs enfants, face aux témoignages de femmes dans le cas d'Adolat ou de Nigora, le gouvernement nie par contre les faits et accuse ces femmes de diffamation.
L'Ouzbékistan, dont le régime est souvent accusé de graves violations des droits humains, est le pays le plus peuplé d'Asie centrale avec 28 millions d'habitants. La répression politique, au nom notamment de la lutte contre le terrorisme, est monnaie courante depuis l'installation au pouvoir d'Islam Karimov.
La Secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a déjà condamné publiquement Karimov pour ses violations répétées aux droits de l’homme et cette récente attaque visant directement les droits des femmes à la maîtrise de leur maternité ne fait qu'aggraver ces atteintes.
Plusieurs pétitions ont été lancées sur internet, dont une notamment, appelant Hillary Clinton à mettre fin au règne de la terreur de Karimov et à stopper ces crimes contre les femmes. (AD)
Pour signer la pétition : https://secure.avaaz.org/fr/uzbekistan_sterilisation_fr/?vl
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