Le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, a déclenché une polémique ce week-end en affirmant publiquement que Dominique Strauss-Kahn avait fait l’objet d’un contrôle au bois de Boulogne, haut-lieu de la prostitution, en 2006.
Dans un entretien accordé au Journal du Dimanche, Claude Guéant a relancé une polémique sur un sujet qui n’en finit pas de faire couler de l’encre : DSK.
Répondant à la question du JDD revenant sur une information révélée en mai dernier par le Monde sur un contrôle de DSK au bois de Boulogne en décembre 2006, le ministre de l’Intérieur a répondu : "J’ai entendu parler de cette histoire au cours de laquelle monsieur Strauss-Kahn avait été contrôlé au bois de Boulogne par les fonctionnaires en charge de la surveillance de cet endroit lors d’un contrôle de routine. Mais, il n’y a aucune procédure à ce sujet."
La théorie du complot ? Des foutaises
Le ministre a également réagi sur la théorie du complot soulevée par la récente enquête d’un journaliste américain Edward Epstein et le livre de Michel Taubmann.
« Quand je lis que, sous prétexte que M. Strauss-Kahn a égaré son téléphone, on brode toute une théorie du complot, je suis interloqué… M.Strauss-Kahn n’était pas espionné par la police française ! C’est scandaleux de le prétendre aujourd’hui. Cette campagne de rumeurs et de sous-entendus est un poison pour notre démocratie. On n’a pas le droit de sous-entendre des choses aussi graves sur la base de faits aussi insignifiants. Encore une fois, si les Strauss-Kahn ont envie de se plaindre, qu’ils le fassent auprès de la justice, et celle-ci enquêtera. Mais tout ce que j’ai lu et entendu cette semaine évoque pour moi fantasmes et foutaises », a déclaré Claude Guéant.
L’opposition s’attaque à Guéant
Me Richard Malka, l’un des avocats de DSK a confirmé que le socialiste avait " »ait l’objet d’un contrôle de routine, et rien de plus ». Car si le bois de Boulogne est bien un haut lieu de la prostitution parisienne, le couple Strauss-Kahn-Sinclair résidait à ses abords pendant une quinzaine d’années. DSK s’y « est fait contrôler à plusieurs reprises, y compris en compagnie de sa femme », précise l’avocat.
Le secrétaire national à la sécurité du PS, Jean-Jacques Urvoas accuse, quant à lui, Claude Guéant de « mentir aux Français », alors qu’il avait eu confirmation, il y a quelques mois, par le biais d’Alain Gardère, alors directeur-adjoint de cabinet de Claude Guéant « qu’aucun compte-rendu administratif concernant (la) vie privée (de DSK) n’existe et a fortiori n’a circulé en provenance de la police ».
Au-delà de l’évocation de ce contrôle, c’est l’attitude de Claude Guéant qui déplaît à l’opposition. « DSK n’est plus candidat à l’élection présidentielle. Il est à terre. Il doit faire face à des attaques de tous côtés. Et le ministre de l’Intérieur en rajoute. Plantant sa petite dague. Pourquoi ? », s’interroge le député socialiste de Paris, Jean-Christophe Cambadélis, sur son blog.
« Je trouve cette déclaration assez piteuse, parce que soit M. Guéant en dit trop soit il n’en dit pas assez, mais il se fait là le vecteur d’une semi-information qu’il détient du fait de sa fonction, c’est une utilisation assez nulle d’autant que ça revient à tirer sur une ambulance", a également commenté Marine Le Pen, interrogée par BFM TV.
L’une des manières de régler les conflits politiques serait-il d’utiliser des « officines à ragots » alors que la plupart des Français à saturation du « feuilleton Strauss-Kahn ». La campagne présidentielle mérite sans doute mieux. (AD)
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