Une étude, publiée dans la revue médicale britannique « The Lancet » a suivi 27.000 personnes sur les 50.000 qui ont prêté secours et travaillé au nettoyage lors des attaques du World Trade Centre du 11 septembre 2001. Elle tend à démontrer que tous souffrent de problèmes de santé physique et mentale.
Plus de 50.000 personnes, sauveteurs, policiers, pompiers, travailleurs de la construction, employés municipaux, ont été mobilisés à Manhattan à la suite des attentats. Létude, menée par le Dr. Juan Wisnivesky du Mount Sinai School of Medecine de New York, démontre que 9 ans après les attaques, une proportion importante de ces personnes souffre toujours de maladies physiques et mentales.
Symptômes chroniques
Ainsi, d’après les résultats de cette étude, 28% souffrent d'asthme chronique, 42% de sinusite, 42% ont des tests de fonction pulmonaire anormaux, 39% souffrent de reflux gastro-œsophagien, 28% sont atteints de dépression, 32% de stress post-traumatique, et 21% de syndrome de panique.
Une proportion importante des personnes testées cumule en outre plusieurs de ces symptômes. Ceux qui sont arrivés les premiers sur la scène ont été davantage exposés aux polluants et ont davantage de problèmes de santé. Seuls les policiers présentent des désordres moins importants, peut-être en raison de leur formation, de leur expérience d’un tel type de stress, de la sélection dans la profession de personnes à haute résilience ou encore d’une sous-déclaration des problèmes psychologiques de crainte de répercussions professionnelles.
Cancer et mortalité
Une autre étude, conduite par le Dr David Prezant, responsable médical du département des pompiers de New York, met en évidence un risque accru de cancer (19 %) chez les soldats du feu qui ont participé aux secours. Parmi les 9853 pompiers, 263 cancers ont été recensés contre 238 attendus dans la population générale. En effet, les poussières du WTC telles que les hydrocarbones aromatiques polycycliques, biphényles polychlorés (BPC) et dioxines sont des cancérogènes connus.
En dépit de ces problèmes de santé et des risques liés à l’exposition aux blessures et au nuage de poussières, les secouristes et personnes qui sont intervenus sur le site ont, jusqu’à présent, un taux de mortalité qui reste inférieur à celui d’un échantillon comparable de la population new-yorkaise. Mais ce constat qui peut s’expliquer partiellement, là encore, par la bonne santé d’origine exigée des sauveteurs et des travailleurs de force est peut-être du à la période de latence, souvent longue, des pathologies cancéreuses ou cardio-vasculaires.
Avenir trouble
Imaginant les données qui seront publiées lors du 20e anniversaire, le Dr Matthew Mauer, du département de la santé de l'Etat de New York, a estimé que «l'avenir est trouble, comme les panaches de fumée âcre qui se sont élevés à New York il y a dix ans».
Les spécialistes restent donc prudents : 10 ans ce n’est pas encore suffisant pour avoir le recul nécessaire afin d’évaluer exactement les attentats du 11 septembre en termes de causalité pathologiques. (AD)
Problèmes de santé physique et mentale chez les secouristes du 11 septembre
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