Procès : la torture des accusés du 11 septembre sera invoquée Actua
Procès : la torture des accusés du 11 septembre sera invoquée
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Procès : la torture des accusés du 11 septembre sera invoquée

Plus de dix ans après les faits, cinq hommes se retrouvent samedi sur le banc des accusés dans le procès tant attendu du 11 septembre 2001. La justice militaire américaine a dévoilé les charges pesant contre les suspects, qui risquent la peine de mort. Mais, certains observateurs remettent en cause la politique de torture de la CIA.

Après neuf années de détention et de tergiversations politico-judiciaires, le cerveau autoproclamé des attentats du 11-Septembre, le Koweïtien Khaled Cheikh Mohammed, mieux connu sous ses initiales « KSM », sera mis en accusation samedi à Guantanamo (Cuba) marquant le coup d'envoi d'une procédure judiciaire très attendue, le « procès du siècle » selon certains.

Khaled Cheikh Mohammed, 46 ans, mieux connu sous ses initiales anglaises de «KSM», ainsi que le Yéménite Ramzi Ben al-Chaïba, le Pakistanais Ali Abd al-Aziz Ali, et les Saoudiens Wallid Ben Attach et Moustapha al-Houssaoui, devront comparaître devant un tribunal militaire d'exception de Guantanamo pour être formellement mis en accusation « d'être responsables de la préparation et de l'exécution des attentats du 11 septembre 2001 à New York, Washington et Shanksville, en Pennsylvanie, qui ont tué 2.976 personnes », selon le Pentagone, et ce au premier anniversaire de la mort de celui qui les avait revendiqués, Oussama ben Laden.

Pas de procès à Manhattan

L’administration Obama souhaitait initialement juger le cerveau des attentats et ses quatre co-accusés devant la justice de droit commun à Manhattan, à deux pas de Ground Zero où s'élevaient autrefois les tours jumelles. Mais elle en a été empêchée par les républicains du Congrès qui ont bloqué le transfert aux États-Unis des suspects de terrorisme.

Les cinq accusés du 11 Septembre, baptisés les «Gitmo 5» car incarcérés dans la prison de Guantanamo à Cuba, seront donc jugés devant un tribunal militaire d'exception créé par George W. Bush puis réformé sous Barack Obama afin de mieux garantir les droits de la défense.

183 simulations de noyade et 7,5 jours d'affilée sans sommeil

L'un des sujets de controverse qui suscitera de nombreux débats durant les audiences est la torture. Les cinq accusés auraient en effet subi des techniques d'interrogatoire extrêmement musclées pendant leur détention au secret.

Khaled Cheikh Mohammed « était l'un des détenus les plus durs et il n'aurait pas parlé » sans nos techniques « rigoureuses ». « Nous avons fait ce qu'il fallait pour de bonnes raisons », s'est justifié Jose Rodriguez, ancien chef de la CIA. Les premiers aveux du Koweïtien, qui a revendiqué la paternité des attentats de 2001, ont été recueillis sous la torture, après 183 simulations de noyade et 7,5 jours d'affilée de privation de sommeil dans une prison secrète de la CIA, entre mars 2003 et septembre 2006 selon un rapport du renseignement.

« Il n'avait pas peur de mourir, il a perdu 22 kilos, les manipulations diététiques faisaient partie des techniques », a encore confié Jose Rodriguez sur la chaîne CBS. « Le programme visait à instiller un sens de désespoir au détenu pour qu'il puisse conclure de lui-même qu'il ferait mieux de coopérer ». « KSM a eu droit au menu complet, les autres ont eu quelques plats », a rapporté de son côté à l'AFP le colonel Morris Davis, procureur en chef à Guantanamo à l'arrivée des cinq co-inculpés.

Tous les cinq ont été torturés de manière différente : manipulation de l'environnement, privation de sommeil, températures extrêmes.

La torture : un argument pour la défense

La question de la torture sera très certainement soulevée durant les débats. « Quand la peine de mort est en jeu, la défense a le droit d'utiliser tout élément démontrant qu'ils ont le droit de vivre et cela comprend la torture », a souligné Adam Thurschwell, spécialiste de la peine capitale qui participe à l'équipe de défense. James Connell, avocat d'un des cinq accusés, a déjà indiqué qu'il appellerait « des témoins pour comprendre ce qu'il s'est passé dans ces prisons secrètes ».

Une des règles des tribunaux militaires d'exception « interdit d'utiliser des éléments de preuve recueillis sous la torture, mais il y a des exceptions, c'est à la discrétion du juge », a expliqué l'analyste David Rivkin. L'accusation avait tout de même besoin de déclarations obtenues légalement. C'est chose faite avec le témoignage attendu de Majid Khan, un ancien acolyte de KSM qui a accepté de coopérer en échange d'une réduction de peine. Affaire à suivre. (AD)

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