Dans le quartier «Red Light» d’Amsterdam, les prostituées ont de plus en plus de mal à joindre les deux bouts. L’organisation caritative « Blood’n Fire » (le sang de Jésus et le feu de l’Esprit Saint) leur distribue des colis alimentaires. Randstad Intérim leur offre une formation.
La crise touche aussi les prostituées d’Amsterdam. « Eva, 25 ans, prostituée estonienne du Quartier rouge d'Amsterdam, s'emporte contre une concurrente qui a accepté de baisser ses tarifs: avec la crise économique, les clients s'enhardissent désormais à marchander », peut-on lire sur 20minutes.ch. Les jeunes filles qui arrivent rendent la vie très dure aux anciennes. Certaines « le font » à présent pour 30 euros.
Oxana, 26 ans, qui partage une vitrine avec Eva l'Estonienne, affirme que ses revenus ont diminué de plus de moitié en six mois alors que le montant de la location de la vitrine a augmenté de 25 % . Une «bonne journée», elle a jusqu'à six clients. Mais certains jours, il n'y en a qu'un. A 50 euros la passe, cela ne suffit pas à payer la moitié des 150 euros que coûte chaque jour la vitrine de quelques mètres carrés. «Je ne peux pas le faire pour 20 ou 30 euros comme certaines, ce n'est pas du boulot!», affirme-t-elle.
Depuis 2008, la crise économique a atteint le cœur de la clientèle : touristes et hommes d'affaires se sont faits nettement plus rares et les patrons de maisons de passe et de sex-shops se plaignent : les clients sont devenus terriblement radins. Le haut de gamme est le plus touché : boire et manger, c'est là-dessus que les gens économisent le moins, juste avant le sexe. Ils vont plus au supermarché et moins au restaurant, tout comme ils choisissent des « prestations de plaisir » meilleur marché.
La prostitution étant légale à Amsterdam, les prostitués sont des personnes reconnues exerçant une activité professionnelle. Elles paient donc des impôts et ont même des représentants au ministère pour y défendre leurs droits. Si elles n’ont pas ou moins de rentrées régulières, elles ne savent plus payer leurs charges (taxes, impôts, loyer, etc).
Fire’n Blood vient au secours de ces jeunes femmes, dont certaines vivent aujourd’hui en-dessous du seuil de pauvreté, en distribuant dans les ruelles du Quartier Rouge quelques vivres et autres besoins de première nécessité.
Avant fin 2011, les 35 vitrines autour de l'église de la Oudekerksplein devraient avoir disparu, et deux cents autres du Quartier rouge d'Amsterdam d'ici dix ans. Le maire, Job Cohen, rêve de voir terrasses de cafés, boutiques de mode et commerces de proximité remplacer vitrines, sex-shops et peep-shows, dans ce qui est selon lui, "l'un des centres urbains médiévaux les mieux conservés d'Europe".
Le maire va donc subventionner les rachats de vitrines et aider les prostituées à changer de métier. Les autorités communales d'Amsterdam et le bureau d'intérim Randstad vont collaborer afin de trouver un nouvel emploi aux prostituées qui le souhaitent. Ces dernières recevront une formation et bénéficieront d’un accompagnement psychologique. Le projet est financé par la ville d’Amsterdam à concurrence de 475.000 euros. (AD)
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