Prostituée, un métier à risque, même à l'ère d'Internet. Les clients violents, voire les tueurs en série, surfent aussi sur les sites des petites annonces. Les travailleurs du sexe mettent au point des stratégies pour se protéger. Parfois, on se croirait dans un James Bond.
Les travailleurs du sexe par Internet ont peur. L'Eventreur de la Craigslist - dont on vient de retrouver les corps de deux nouvelles victimes - leur donne raison. Des personnes bien intentionnées voudraient même fermer le site américain, le premier dans le domaine des petites annonces. Le site a diminué ce type de pub, mais les professionnels savent que cela ne change rien.
La prostitution est un métier à risques. Les travailleurs du sexe ont appris à s'entourer de précaution et développent même un "radar" pour détecter les "cinglés".
Une professionnelle nous explique comment elle s'y prend. Appelons-la Kate.
"Il y a des tas de cinglés sur Internet et même des flics qui cherchent à faire une bonne prise.
A la façon dont ils écrivent leurs e-mails, on peut parfois dire que ce sont des flics ou des psychopates. S'ils refusent d'envoyer leur photo, danger !
S'ils en envoient trop, danger ! S'ils posent trop de question personnelles, encore danger !
Je préfère aussi quand leur adresse e-mail correspond à leur nom : cela me permet d'aller jeter un coup d'oeil sur leur page FaceBook et de voir leur photo."
Elle juge aussi, au téléphone, du ton de leur voix et des questions qu'ils posent. Et si le signal danger ne s'allume pas, elle accepte le deal pour 500 dollars de l'heure (environ 350 euros).
Des procédures dignes d'un James Bond
Vous croyez que les précautions s'arrêtent là ? Lisez la suite. James Bond n'aurait pas fait mieux.
Dès que Kate est au domicile du client, elle relève le numéro de sa plaque de voiture. Elle l'envoie par sms à un deuxième gsm qu'elle laisse sur la table de sa cuisine. A côté d'une note pour les amis et la famille.
Si elle ne réapparait pas dans les 24 heures, ceux-ci préviennent la police avec toutes les infos récoltées.
L'agresseur n'a aucune chance d'échapper à la police.
Les "Mixers"
Non, il ne s'agit pas de l'appareil que votre maman utilisait pour mixer les soupes quand vous étiez petit.
Mais le principe est le même : mélanger les personnes. En toute sécurité.
Comme le Net ne permet pas de rencontre physique, les propriétaires de sites organisent des sortes de "cocktails parties du sexe", les Mixers, où les clients et les prostituées peuvent se rencontrer. Et s'évaluer, fixer un prix et un lieu de rendez-vous.
Il n'y a aucune relation sexuelle pendant ces rencontres. Un habitué de ces meetings parle même d'une ambiance très "salon de l'emploi."
Pendant ce temps, 125 enquêteurs cherchent de nouveaux corps sur les plages de Long Island : des prostituées qui n'ont pas pris ces précautions...
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