La taxe sur les carrées de prostituées (vitrines éclairées au néon pour indépendantes) est augmentée unilatéralement à Schaerbeek. L'Espace P et leurs avocats dénoncent cette mesure sur base du principe de l’égalité.
Depuis septembre les communes de Schaerbeek et de Saint-Josse appliquent le nouveau règlement de police et règlement d'urbanisme en matière de prostitution. La commune de Schaerbeek en a profité pour s'aligner sur la commune Saint-Josse en matière de taxation des carrées. Sauf qu'au lieu des 1.000 euros par an perçu par Saint-Josse, Schaerbeek en demande 3.500 à chacune des 35 carrées de la commune. Un scandale pour l'Espace P qui dénonce l'absence de concertation et une taxe destinée à se faire de l'argent sur le dos de la prostitution.
« 3.500,00 euros, pour nous, ça correspond à 150 passes. Ca veut dire qu'on va devoir accepter 150 clients en plus, 150 clients qui nous touchent, 150 pénétrations. Ca va nous obliger à accepter davantage que ce qu'on pratique d'habitude. C'est énorme ». Julie est prostituée dans le Quartier Nord. Comme ses collègues, elle s'insurge sur la nouvelle taxe sur les carrées votée par la commune de Schaerbeek. Certaines parlent de « proxénétisme communal ».
L'association Espace P, qui apporte son soutien aux prostituées du quartier, dénonce : « Nous demandons l'annulation de la taxe. Car cette mesure met les prostituées en danger. Elle va les pousser à dépasser leurs limites et à travailler plus pour éviter l’endettement, dans des conditions de sécurité parfois limites. Des campagnes sont entreprises contre la violence faite aux femmes mais on accepte ce type de taxe ».
« Visiblement, la commune tente de faire dégager des travailleuses encombrantes en remplissant ses caisses", pointe David Wasserman, avocat d’Espace P, sur VivaCité. Ce que l'échevin des finances schaerbeekois Bernard Guillaume tempère: « nous voulons effectivement limiter cette activité, tant en volume qu'en territoire. Une solution serait de déplacer la taxe de l'exploitant, la prostituée, vers le propriétaire. Mais ça repousserait la mesure à 2012 ».
Mais pour les avocats d’Espace P, tout le monde dans une commune doit contribuer aux dépenses de la commune. Il n’y a pas que les prostituées qui doivent participer à l’effort budgétaire. Si la taxe s’avère trop lourde, l’échevin propose des « modalités de paiement échelonné » pour 2012
. L’Espace P demande quant à lui l’annulation pure et simple de la taxe. (AD)
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