En Suisse, on peut à présent, abandonner son bébé dans une boîte, en toute légalité. Un dispositif de ramassage de bébés indésirables vient d’être mis en place dans un hôpital de Davos.
Afin de prévenir les infanticides, une boîte à bébé vient d’être installée dans un hôpital de Davos, en Suisse. Après celle d’Einsiedeln, mise en place en 2001, il s’agit de la deuxième « boîte à bébés » du pays.
C’est l’Aide suisse pour la mère et l’enfant (ASME) qui a été à l’initiative de ce projet. L’accouchement sous X est interdit en Suisse, et ces « boîtes à bébé »s sont une solution pour les parents qui ne souhaitent pas garder leur enfant, et veulent l’abandonner sous couvert d’anonymat.
Les boîtes, transparentes, sont chauffées à 37° et verrouillées. Le bébé est en totale sécurité à l’intérieur, et est immédiatement pris en charge par une équipe médicale de l’établissement. Il est ensuite placé en famille d’accueil, et peut être adopté dans un délai de deux ans. Les parents biologiques peuvent toujours récupérer leur bébé, mais avant qu’il soit adopté.
En Belgique
Un petit garçon, âgé d’environ 5 jours, a été déposé en 2007 dans la « boîte à bébés » de l’asbl anversoise Moeders voor moeders (Des mères pour des mères). C’était la première fois que cette boîte servait depuis son installation en 2000. Le bébé retrouvé y était en bonne santé, propre, bien vêtu et n’avait pas faim. Son nouveau nom de famille De Kleine (Le Petit) est le nom donné à tous les bébés abandonnés à Anvers.
En 2009, un second bébé, Michael a également été déposé dans la babybox de l’association.
Comment fonctionne une « boîte à bébé » belge ? Dès que la boîte est ouverte, le système d’alarme sonne chez la concierge. Si celle-ci est absente pour une raison quelconque, une cascade téléphonique se met alors en marche pour avertir quatre personnes de l’ASBL endéans la demi-heure que la boîte a été ouverte. L’une de ces personnes doit alors se rendre sur place pour voir si un bébé a effectivement été déposé.
Pour l’asbl Moeders voor Moeders, « le système a démontré toute son utilité et permet de sauver la vie de quelques enfants, il faut en parler ». C’est après avoir lu un article sur l’ouverture d’une boîte à bébé à Hambourg en Allemagne que l’association belge a voulu reproduire cet exemple à Borgerhout (Anvers). L’association est convaincue que d’autres boîtes de ce type devraient voir le jour dans toute la Belgique.
Bioéthique : Régression ou progrès, avis partagés
Le Conseil de l’Europe souhaite améliorer les procédures d’abandon à la naissance, un phénomène toujours en hausse. Au centre du débat, les boîtes à bébé. Les mères qui abandonnent leur enfant sont généralement de très jeunes femmes, souvent d’origine étrangère, sans autonomie (migrantes irrégulières, prostituées) qui n’ont pas accès à la contraception ou à l’avortement, encore interdits dans certains pays.
Pour contrer ce phénomène, l’Allemagne (avec 80 boîtes à bébé), la Tchéquie (avec plus de 40 boîtes) la Suisse, l’Autriche, la Hongrie, la Slovaquie, la Belgique et l’Italie disposent de "boîtes à bébé" qui permettent à la mère d’y déposer l’enfant. Celui-ci sera ensuite confié à une famille d’accueil en attendant une adoption.
La "boîte à bébé" n’est pourtant pas du goût de tous ! Certains trouvent qu’elle "incite à accoucher dans la solitude" et soulignent que l’abandon reste un crime dans certains pays. D’autres, en faveur de ces "boîtes" estiment qu’elles permettent de lutter contre l’avortement, d’éviter les abandons sauvages, les infanticides et la maltraitance, et de voir les enfants adoptés. (AD)
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