Didier Reynders a évoqué deux sujets sensibles lors d'une visite qu'il a rendue jeudi aux autorités du Saint-Siège: l'attitude de l'Eglise à l'égard des homosexuels et les scandales nés des affaires de pédophilie.
M. Reynders s'est entretenu avec le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d'Etat de la Curie romaine et, à ce titre, numéro 2 du Vatican. Le religieux a suscité la controverse il y a deux ans en établissant un lien entre pédophilie et homosexualité.
"Un sentiment" existe que l'Eglise catholique éprouve des difficultés avec certaines minorités et est même vue comme hostile aux homosexuels, a laissé entendre le ministre.
Abordant par ailleurs les abus sexuels commis par des religieux, il a demandé que l'Eglise livre toutes les informations dont elle dispose sur le sujet. "Il y a nécessité d'une transparence complète, certainement s'il y a des indications d'abus", a-t-il ajouté. Selon M. Reynders, le cardinal a reconnu qu'un "dialogue plus fort" était nécessaire et que certaines remarques blessantes ne devraient pas être faites. Il n'a toutefois cité aucun nom ou dossier concret.
Didier Reynders est le premier ministre belge des Affaires étrangères à s'être rendu en visite officielle au Vatican depuis la IIème Guerre mondiale, et peut-être même avant, les traces d'une visite précédente demeurant introuvables. "Si l'on a quelque chose à dire, il faut s'adresser directement aux instances concernées. Si l'on souhaite que Rome soit plus ouverte, on peut au moins le demander directement. Les contacts directs ont maintenant repris", a-t-il souligné.
Négliger un cas de pédophilie est un crime
Le procureur du Vatican, Mgr Charles Scicluna, a rappelé mercredi 8 avril les évêques, réunis à Rome pour un symposium, que se rendre coupable de "négligence" face à un cas de pédophilie était "un crime" au terme du droit canon.
"Nous ne pouvons refuser à une victime que son cas soit examiné avec justice, en nous abritant derrière des complexités techniques de la loi", a-t-il prôné. "Les négligences et les intentions mauvaises dans l'exercice de son devoir constituent un crime en vertu du droit canon", a-t-il poursuivi.
Il a insisté sur le rôle central que doivent jouer les évêques dans la lutte contre la pédophilie, reconnaissant que la "culture du silence" se perpétue encore dans l'Eglise. (AD)
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