Sans libido, ils revendiquent le statut d’asexuels Actua
Sans libido, ils revendiquent le statut d’asexuels
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Sans libido, ils revendiquent le statut d’asexuels

Ils n’ont pas de rapports charnels et réclament que cela soit considéré comme une orientation sexuelle. Bienvenu au pays du quatrième sexe.

1% de la population ne ressentirait aucune attirance sexuelle et aucune envie ou besoin d'avoir des relations sexuelles. Et les "no sex" souhaitent que cette orientation soit officiellement reconnue.

Dans la sexualité, trois orientations sexuelles sont actuellement définies et reconnues: l'hétérosexualité, l'homosexualité et la bisexualité. Or, il y en aurait une 4e, "sous-étudiée", d'après le Professeur Anthony Bogaert. Il s'agit de l'asexualité ("no sex"), d'après l'auteur du livre "Comprendre l'asexualité" ("Understanding Asexuality", en version originale).

«Nous voulons que l’asexua­lité soit reconnue comme les autres formes de sexualité et non comme un trouble ou quelque chose dont les gens devraient avoir honte», a martelé face aux médias l’organisateur de la World Pride, première conférence mondiale non académique sur l’asexualité, qui s’est tenue le 8 juillet dernier à Londres. Depuis cet appel, le mouvement gagne du terrain.

«Ces personnes commencent, en effet, à se manifester et à s’affirmer, pour faire comprendre qu’elles ne sont pas malades, ce qui établit forcément un grand contraste avec notre société hypersexualisée», explique Anthony Bogaert. Le professeur de psychologie à la Brock University (Canada) confirme en effet que "L’asexualité est pathologique uniquement si la personne en souffre".

Les origines du phénomène
Surexposition du porno, années 1990 trop freudiennes (tout est sexuel), refus la dictature du plaisir ou désacralisation du sexe qui est passé du secret à l’exhibition : tous ces facteurs ont sans doute amorcé la naissance du mouvement asexuel. Ainsi, l'abstinence n'est plus une honte mais une fierté, un droit qu'on revendique.

Les causes psychologiques
Il semblerait que cette absence de désir sexuel trouve son origine dans l'enfance, entre 6 et 10 ans. C'est ce qu'on appelle la période de latence. A cet âge-là, l'enfant cesse de s'intéresser à la sexualité (après avoir été très demandeur en informations). Ce désintérêt pour le sexe prend fin normalement au début de l'adolescence. Mais pour certaines personnes, il dure toute la vie. Ce sont en général des individus qui refusent de grandir ou bien qui, soumis à une pression morale trop importante, ont peur de leurs fantasmes et préfèrent les refouler.

L'asexualité au quotidien
Les asexuels ne font pas l'amour, mais ils peuvent néanmoins se masturber (surtout les hommes), non pas en réponse à une stimulation, mais par besoin physiologique. En général, l'asexualité dure toute la vie pour les personnes qui n'ont réellement aucun désir sexuel. Pour les personnes qui refoulent inconsciemment leurs envies, une thérapie peut être utile et permettre de réveiller une libido jusqu'à présent endormie. (AD)

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