Sexisme : "ça part en couilles!" Actua
Sexisme : "ça part en couilles!"
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Sexisme : "ça part en couilles!"

«Nous sommes toutes des femmes de chambre", ou bien pour parodier la petite phrase de Jack Lang qui tentait de défendre la semaine dernière maladroitement son ami DSK "Y a pas mort d'homme, y a viol de femmes". Autant de slogans que scandaient les quelques cinq cents personnes, essentiellement des femmes, qui ont manifesté ce dimanche en fin d’après-midi devant le centre Pompidou à Paris pour protester contre le "sexisme" généré par l'affaire DSK.

Les manifestantes répondaient à l'appel de plusieurs organisations féministes dont "La Barbe", "Paroles de Femmes, et "Osez le Féminisme". Une pétition lancée par les organisateurs et qui a déjà recueilli plus de 13.000 signatures. Dans le cortège, on pouvait lire des slogans tel que "Nous sommes toutes des femmes de chambre", "Sexisme : ça part en couille", "Les soubrettes sont en colère" ou encore "Quand une femme dit non, c'est non".

"Le problème n'est pas ce qui s'est passé à New York", a déclaré la présidente de "Osez le Féminisme ", Caroline de Haas, mais "le déferlement de sexisme" qui a suivi, et "cela n'est pas acceptable".Leur mouvement est désormais soutenu par plusieurs politiques français dont le porte-parole du Parti socialiste, Benoît Hamon, et le député socialiste Arnaud Montebourg.

Les féministes ont tenu à dénoncer "les propos sexistes" tenus notamment par le journaliste-écrivain Jean-François Kahn qui a réduit l'affaire DSK à un "troussage de domestique". M. Kahn a publié depuis une mise au point revenant sur ses propos qu'il a considérés lui-même "injustifiables".

Noëlle et Liliane, deux femmes d'une cinquantaine d'années, n'ont pas hésité quand l'appel des associations a été lancé. Déjà féministes dans les années 70, elles pensent aujourd'hui que ce "déferlement de réflexions anti-sexistes est un signe de la désorganisation de notre société". Et d'ajouter "Nous avons beaucoup de lois qui défendent les droits des femmes, mais les lois ne changent pas les mentalités". 

Les organisations féministes ont également fustigé les "blagues sexistes" dont les réseaux sociaux regorgent et qui sont comme autant de tentatives de "minimiser le viol", alors que 75.000 femmes sont chaque année victimes de viol en France, selon des estimations d'associations. Les statistiques recensent, en effet, une moyenne de 200 viols par jours en France et une moyenne de 7 viols par jour en Belgique. Sur tous les dossiers introduits, les ¾ des plaintes sont classées sans suite.
Cet appel a manifesté avait été signé vendredi 20 mai par plus de 1500 personnalités dont l’humoriste Florence Foresti, la journaliste Christine Ockrent et la présentatrice Isabelle Alonso. (ST)

Voici en substance le texte de l’appel :

«Depuis une semaine, nous sommes abasourdies par le déferlement quotidien de propos misogynes tenus par des personnalités publiques, largement relayés sur nos écrans, postes de radios, lieux de travail comme sur les réseaux sociaux. Nous avons eu droit à un florilège de remarques sexistes, du «il n'y a pas mort d'homme» au «troussage de domestique» en passant par «c'est un tort d'aimer les femmes?» ou les commentaires établissant un lien entre l'apparence physique des femmes, leur tenue vestimentaire et le comportement des hommes qu'elles croisent.

Nous sommes en colère, révoltées et indignées.

Nous ne savons pas ce qui s'est passé à New York samedi dernier mais nous savons ce qui se passe en France depuis une semaine. Nous assistons à une fulgurante remontée à la surface de réflexes sexistes et réactionnaires, si prompts à surgir chez une partie des élites françaises. Ces propos illustrent l'impunité qui règne dans notre pays quant à l'expression publique d'un sexisme décomplexé. Autant de tolérance ne serait acceptée dans nul autre cas de discrimination.

Ces propos tendent à minimiser la gravité du viol, tendent à en faire une situation aux frontières floues, plus ou moins acceptable, une sorte de dérapage. Ils envoient un message simple aux victimes présentes et futures : «ne portez pas plainte». Nous le rappelons : le viol et la tentative de viol sont des crimes.

Ces propos prouvent à quel point la réalité des violences faites aux femmes est méconnue. De la part d'élites qui prétendent diriger notre société, c'est particulièrement inquiétant. 75 000 femmes sont violées chaque année dans notre pays, de toutes catégories sociales, de tous âges. Leur seul point commun est d'être des femmes. Le seul point commun des agresseurs, c'est d'être des hommes.

Enfin, ces propos font apparaître une confusion intolérable entre liberté sexuelle et violence faite aux femmes. Les actes violents, viol, tentative de viol, harcèlement sont la marque d'une volonté de domination des hommes sur le corps des femmes. Faire ce parallèle est dangereux et malhonnête : ils ouvrent la voie aux partisans d'un retour à l'ordre moral qui freine l'émancipation des femmes et des hommes.

Les personnalités publiques qui véhiculent des stéréotypes qu'on croyait d'un autre siècle insultent toutes les femmes ainsi que toutes celles et ceux qui tiennent à la dignité humaine et luttent au quotidien pour faire avancer l'égalité femmes - hommes.

Signez l'appel !»


 

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