Sodexo est surtout connu pour les repas qu’elle sert à 50 millions de personnes par jour dans le monde, mais aujourd’hui la multinationale est épinglée pour ne pas respecter ses employés.
Au Brésil, le numéro un mondial de la restauration se voit reprocher de graves entorses au droit du travail pour avoir multiplié les entraves à l’égard des syndicats.
Fin avril, des syndicats liés aux secteurs d’activité de Sodexo se sont réunis à São Paulo. Venus de six pays (Brésil, Etats-Unis, France, Colombie, Maroc et République dominicaine) où l’entreprise est présente, ils ont tous dénoncé les heures supplémentaires non rémunérées, le manque de moyens, notamment pour garantir la sécurité sur les lieux de travail, la précarité de l’emploi, à l’origine d’un taux de rotation important, et les pressions psychologiques exercées pour empêcher la création de sections syndicales. Prison pour les récalcitrants. En avril 2010, douze personnes ont été arrêtées, dont l’acteur Danny Glover, à l’occasion d’un rassemblement devant le siège américain de l’entreprise, dans le Maryland.
Le Français Jean-Michel Dupire, responsable à la Fédération CGT du commerce et des services, a dénoncé le défaut de prise en charge d’employés victimes d’accident du travail.
En Colombie, où Sodexo est implanté depuis dix-huit ans, seuls 1 % des 14 000 employés sont syndiqués. Edgar Páez, responsable au Sinaltrainal, un syndicat colombien, a affirmé que l’entreprise exigeait des tests de grossesse avant d’embaucher des employées, licenciait les femmes enceintes et réprimait ceux qui consultaient le syndicat.
En 2010, le procureur général de l’Etat de New York a condamné Sodexo à indemniser l’Etat à hauteur de 20 millions de dollars, après des irrégularités constatées dans la facturation de services à vingt et une écoles.
Les fournisseurs faisaient des ristournes illégales. Ce type de pratiques a une influence sur la qualité des aliments servis aux enfants, étant donné que l’entreprise pouvait utiliser des produits moins chers, et pas forcément de qualité.
En mai, le National Labor Relations Board [agence fédérale indépendante, chargée notamment d’enquêter sur les pratiques illégales dans le monde du travail] a finalement estimé que les preuves étaient suffisantes pour inculper Sodexo pour infraction à la législation du travail des Etats-Unis et subornation d’autorités à cet effet.
Les pratiques de la multinationale française créée en 1966 et employant 380 000 personnes, ont poussé les syndicats à s’organiser à l’échelon international. Au Brésil, le président de la Confédération nationale des travailleurs du commerce et des services, Romildo Miranda Garcez, considère que cette action globale peut aider à cartographier les irrégularités commises par Sodexo et à déclencher un mouvement plus important au niveau mondial. (ST)
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