Souffrant d’électro sensibilité, elles passeront l’hiver dans une grotte Actua
Souffrant d’électro sensibilité, elles passeront l’hiver dans une grotte
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Souffrant d’électro sensibilité, elles passeront l’hiver dans une grotte

Deux française souffrant d'électro-hypersensibilité s'apprêtent à passer l'hiver sans chauffage ni électricité, dans une grotte reculée des Hautes-Alpes, afin d'échapper aux ondes des téléphones portables et d'internet.

Bernadette Touloumond (D) et Anne Caudain, souffrent toutes deux d'électro-hypersensibilité. Pour se prémunir de ces ondes qu’elles disent toxiques pour leur santé, les deux femmes ont décidé de passer l’hiver dans la grotte à Saint-Julien-en-Beauchêne, dans les Hautes-Alpes.

Au fond de la cavité à laquelle on n'accède que par une échelle, les deux françaises ont installé sur un parquet de fortune deux lits, une petite table sur laquelle ont été déposées des bougies rapidement consumées et un réveil mécanique.

« Cela fera bientôt mon troisième hiver ici, pourtant croyez-moi, je préférerais être dans une maison au coin du feu », affirme dépitée Anne Cautain, blottie sous plusieurs couches de pulls, alors que la température dans la grotte ne dépasse guère les 10°C.

Souffrant de « brûlures dans le crâne et sur la peau », cette femme de 55 ans explique avec détails comment un jour de janvier 2009, alors qu'elle était agent technique dans une université de Nice, sa vie s'est transformée en celle d'un « animal traqué » par les ondes.

Elle a alors tout tenté pour se protéger des radiofréquences, sources dit-elle de « maux de tête insupportables », qui la conduisirent même à dormir dans le coffre d'une voiture ou une cave de restaurant.

L'association française Robin des Toits, qui milite pour la reconnaissance de la maladie, estime à quelques dizaines les cas extrêmes « d'intolérance » dont souffrent les deux femmes, mais affirme qu'environ 3% de la population française souffrirait d'électro-hypersensibilité (EHS).

Cependant, « Aucune preuve scientifique d'une relation de causalité entre l'exposition aux radiofréquences et l'hypersensibilité électromagnétique n'a pu être apportée », objecte l'Agence nationale de sécurité sanitaire dans un rapport de 2009, qui ne conteste cependant pas « la réalité du vécu de ces personnes ».

Professeur en cancérologie à l'université Paris-Descartes, Dominique Belpomme assure au contraire que des études cliniques ont prouvé les effets des champs électromagnétiques sur la santé. Il regrette toutefois l'attitude « marginale » adoptée par Anne Cautain et Bernadette Touloumond. « Je ne doute pas de leur souffrance, mais il existe des traitements comme les antihistaminiques pour les soulager. Encore faudrait-il qu'elles viennent me consulter », déclare le médecin.

« Je me suis déjà rendue à Paris, mais je ne m'en suis jamais remise à cause des innombrables antennes relais qui jalonnaient le parcours », avance Anne Cautain, préférant aujourd'hui se soigner avec des méthodes naturelles.

Entreposées dans des cagettes soigneusement rangées à l'entrée de la grotte, les courges, pommes et poires issues de la culture biologique sont « érigées comme une thérapie destinée à nous aider à tenir le coup », affirment les deux femmes, qui refusent d'être considérées comme des marginales.

« On m'a traitée de folle, j'ai perdu la plupart de mes amis, ma famille a du mal à comprendre et je sais aujourd'hui que je ne pourrai pas retourner dans des musées », regrette Bernadette.

Les deux femmes réclament la création en urgence de "zones blanches", même si elles savent que leur demande va à l'inverse de la tendance visant à couvrir l'intégralité du territoire français par les réseaux de téléphonie mobile. Une tendance qui se retrouve d’ailleurs à l’Europe. (AD et AFP).

Pour rappel (source wikipedia) :
La sensibilité électromagnétique (ou Syndrome d'intolérance aux champs électromagnétiques) est une maladie dans laquelle une personne déclare souffrir de symptômes qui selon elles sont causés et aggravés par des champs ou des ondes électromagnétiques. Les symptômes décrits sont reconnus comme réels (par l'OMS notamment) mais la recherche scientifique est encore divisé sur ce sujet. Pourtant, la résolution de l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe du 11 mai 2011, qui s'appuie sur un rapport complet de la Commission de l’environnement, de l’agriculture et des questions territoriales, stipule qu'il est nécessaire « de porter une attention particulière aux personnes électrosensibles et de prendre des mesures spéciales pour les protéger, en créant par exemple des «zones blanches» non couvertes par les réseaux sans fil ». La Suisse a déjà reconnu quant à elle l’électrosensibilité comme une maladie officielle.
 

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