Suède, l'anonymat interdit après la tuerie d'Oslo Actua
Suède, l'anonymat interdit après la tuerie d'Oslo
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Suède, l'anonymat interdit après la tuerie d'Oslo

Après le double attentat d'Oslo qui a fait des dizaines de victimes, les principaux journaux suédois ont décidé d'interdire désormais l'anonymat sur leur site.  Les auteurs des commentaires devront dorénavant être clairement identifiés.

Il y aura sans aucun doute un avant et un après Oslo.  Depuis le double attentat commis par Anders Behring Breivik dans la capitale norvégienne le 22 juillet et dont le bilan est de 77 morts, les services de sécurité européens ont pris conscience de l'importance du terrorisme d'extrême-droite.

Mais, comme c'est souvent le cas après des attaques de type terroriste, les libertés individuelles sont dans le collimateur des autorités.  C'est ainsi que les 3 principaux journaux suédois - l'Afton Bladet (Le Journaldu Soir) Dagens Nyheter (Les Nouvelles du Jour) et Expressen - ont décidé d'interdire l'anonymat sur leur site.  Les auteurs des commentaires devront désormais s'identifier clairement ou renoncer à publier.

Il faut dire aussi que Breivik, l'auteur du massacre, avait sévi longtemps sur des forums, notamment le forum néonazi Nordisk où il plaçait des commentaires racistes et islamophobes. 

C'est l'ampleur des messages incitant à la haine sous couvert d'anonymat qui a décidé les journaux à prendre cette initiative. Mais les trois journaux ont adopté des stratégies différentes.  L'Afton Bladet a interdit purement et simplement l'anonymat et oblige les commentateurs à se connecter via leur compte Facebook.  

Le Dagens Nyheter a choisi de fermer complètement ses commentaires pour l'instant et réfléchit à une solution.  Son rédacteur en chef, Björn Hedensjö, regrette de devoir prendre ces mesures.  Pour lui, l'anonymat reste un droit fondamental sur Internet, qui reste incontournable dans des contextes politiques de dictature - comme en Chine ou en Iran où les blogueurs risquent de lourdes peines de prison, comme Hoder, condamné à 19 ans de prison ferme.  Ou encore,  lors de révolutions comme le printemps arabe où les blogs et les médias sociaux ont joué un rôle crucial. 

Quant à Expressen, il a opté pour un système de modération des commentaires : ceux-ci sont systématiquement analysés par Thomas Mattsson, le directeur de la publication du journal.  Mattsson considère lui aussi que l'anonymat peut être important dans certains cas.

Mais des médias sociaux comme Google + ou Facebook ont fait savoir qu'ils ne tolèrent aucun anonymat sur leurs réseaux, notamment pour des raisons économiques.  Raison pour laquelle de nombreux comptes appartenant à des membres du groupe Anonymous ont été fermés par les deux médias sociaux.

L'activisme devra se trouver d'autres moyens de communiquer.  Mais pour les Anonymous, l'inquiétude n'est pas à l'ordre du jour : ils utilisent le bon vieux réseau IRC (Internet Relay Chat)  et le forum japonais 4chan ainsi qu'une myriade d'autres sites qui poussent sur la toile comme autant de champignons... et aux noms aussi savoureux que Hide my ass, par exemple... 

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