Un cadre de la FNAC, le "supermarché culturel" s'est pendu dans un bois près de Clermont-Ferrand. Il laisse une lettre de plus de 4 pages qui accuse l'entreprise. A-t-il été victime de la stratégie agressive du groupe PPR pour vendre la célèbre enseigne culturelle ?
Appelons-le Pierre. Pierre dirigeait la FNAC de Clermont-Ferrand depuis deux mois, après avoir été le directeur de celle d'Aix-en-Provence. Pierre s'est pendu dans un bois à quelques kilomètres de son entreprise. Dans un email de plus de quatre pages, il accuse clairement l'entreprise de discrimination - Pierre était bisexuel - mais surtout de mettre en place une stratégie détestable.
La direction générale de FNAC nie toute implication professionnelle à ce suicide qu'elle attribue à des problèmes financiers et à la perte d'un ami du cadre dédédé. Seulement voilà : Pierre n'est pas le premier. Fin 2010, en effet, deux autres cadres mettaient fin à leurs jours à Nice et à Marseille.
Quant au mail de Pierre, il laisse peu de place au doute. Il y dénonce pèle-mèle de la discrimination sexuelle, des pressions sur le directeur et les employés, des ordres venus d'en haut qu'on ne discute pas et qu'on exécute de manière automatique, la constitution de dossier sur les salariés à licencier, une liste noire des employés à licencier, etc.
Alexandre Bompard (à droite sur la photo) à la tête du groupe Pinault-Printemps-La Redoute - propriétaire de la FNAC - dément tout en bloc. Pour lui, tout est à mettre sur le compte de la dépression que sa mutation a engendrée chez Pierre et au décès d'un ami.
Mais, il existe des similitudes troublantes entre les suicides chez FNAC et ceux qu'on a relevé dans d'autres groupes français comme France Télécom ou encore Renault. Chez France Télécom, il fallait "dégraisser" l'entreprise sans que cela coûte trop cher et donc on a mis en place une stratégie qui pousse les employés dehors sans leur payer d'indemnités de licenciement...
Le groupe PPR a annoncé en 2009 son intention de vendre deux marques fleurons du groupe : FNAC et Conforama. On est en droit de se demander si toute cette pression sur les directions régionales et sur les employés ne procèdent pas d'une volonté de rendre l'entreprise plus "attractive" pour un repreneur. Avec les dégât collatéraux que l'on peut observer aujourd'hui. Le capitalisme à la Française, malgré ses formules de politesse "vieille France" et ses salons feutrés, peut se montrer aussi sauvage que ses homologues américain ou britannique. (MB).
Place comments
0 Comments
You are currently seeing only the comments you are notified about, if you want to see all comments from this post, click the button below.
Show all comments