Un mandat d'arrêt sous neuf chefs d’inculpation a été décerné ce mardi à l'encontre d'un Bruxellois, a-t-on appris par voie de conférence de presse ce vendredi, suspecté d'avoir participé aux Tueries du Brabant. Selon Sudinfo, il s'agit de Jean-Marie Tinck (67), un Bruxellois originaire de Binche, qui a été arrêté dans le sud de la France.
Les enquêteurs de la Cellule du Brabant wallon, chapeautés par la juge d'instruction Martine Michel, auraient récolté, au début de cette année, le témoignage d'un citoyen français affirmant avoir reçu les confidences du suspect. Or, ce dernier faisait partie du panel de portraits-robots diffusé en 1997: (voir image ci-dessous). Il portait le numéro 17. Trois personnes, à l'époque, l'avaient reconnu mais deux d'entre elles sont décédées depuis lors et les analyses ADN de l'époque n'avaient pas confirmé les suspicions. Les nouvelles techniques pourraient par contre fournir un autre résultat.
Mon client doit être libéré faute d’indices
Selon l’avocat du prévenu, le mandat d’arrêt aurait été délivré à l’encontre de son client sur la base d'éléments "légers" : « Mon client est extrêmement combatif et déterminé. Toutes les instances judiciaires seront mobilisées pour clamer son innocence et démontrer que les éléments qui sont actuellement détenus contre lui sont trop légers pour, d’une part, l’inculper et, d’autre part, décider de le priver de sa liberté. Il doit être libéré faute d’indices. » Or, vendredi, Christian de Valkeneer, procureur général de Liège, qualifiait cette arrestation de "piste sérieuse" mais ajoutait qu'il fallait "rester raisonnable et prudent". Le temps presse pourtant, si tant est que cette expression veuille encore dire quelque chose dans une aussi longue saga: les faits seront prescrits en novembre 2015.
Alongement du délai de prescription
La ministre de la Justice en affaires courantes Annemie Turtelboom a réagi positivement vendredi soir sur les ondes de la VRT à la réflexion qu'a formulée le procureur général de Liège Christian De Valkeneer, appelant le prochain gouvernement à se pencher sur la question du délai de prescription du dossier des Tueries du Brabant. En effet, le mandat d'arrêt décerné mardi par la juge Martine Michel dans ce dossier n'interrompt aucunement la prescription, fixée par la loi à 30 ans, dans ce dossier. Ce délai expirera donc le 10 novembre 2015. Ce court laps de temps ne permettra probablement pas la tenue d'un procès d'assises, à cause des délais de fixation et des devoirs d'enquête qui restent à effectuer.
Qui et pourquoi ?
« Si cette affaire des tueries du Brabant rebondit à la veille de la prescription, l'intérêt est maintenant de savoir qui a commis ces tueries, mais également pourquoi », estime Michaël Dantinne, chargé de cours en criminologie à l'Université de Liège. Au vu de l'ancienneté des faits, « les indemnisations seront très légères et que ça ne changera plus les institutions" judiciaire et policière, "mais on vit à une époque où de tels faits ne peuvent pas rester inexpliqués (..) a fortiori dans une affaire grave qui a entraîné une certaine psychose à l'époque et qui a secoué l'opinion publique. »
Le mystère entourant les "tueurs du Brabant" a également conduit aux hypothèses les plus folles concernant le mobile. Pour le professeur en criminologie, « Le nombre de victimes et la répétition des actes, dans un climat où on a également affaire à la bande Haemers ou encore l'enlèvement de VDB, ont nourri les fantasmes. Et au moins la justice trouve les coupables, au plus on peut penser qu'il y a quelque chose qui est caché au grand public. »
L'affaire des Tueurs du Brabant est une affaire d'envergure qui a mobilisé et mobilise encore d'énormes moyens depuis près de 30 ans. Pour Michaël Dantinne, c'est aussi pour la justice une façon de montrer qu'elle ne laisse pas tomber.
Tueries du Brabant: L'identité de l'homme arrêté dévoilée
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