Maître Sven Mary, le conseil de Bart, en est convaincu : c'était une agression ciblée. On l'a agressé, roué de coup et presqu'étranglé uniquement parce qu'il est homosexuel. Un climat homophobe règne à Bruxelles selon l'avocat.
Bart a été agressé à Bruxelles, pendant la nuit du 12 au 13 juin. Il sortait d'une soirée et, alors qu'il traversait le quartier de la Bourse, a été d'abord insulté puis roué de coups. On a même tenté de l'étrangler.
L'avocat de Bart, Maître Sven Mary, est convaincu que cette agression était ciblée : "cet acte intentionnel visait à s’en prendre aux préférences sexuelles de mon client" affirme l'avocat.
Ses agresseurs l'ont même frappé avec une chaise, et si la police n'était pas intervenue rapidement, il serait probablement mort à l'heure qu'il est...
Ce sont apparemment des jeunes d'origine étrangère qui sont à l'origine de cette agression homophobe. Le Le ministre flamand de l’Enseignement Pascal Smet (SP.A) a déclaré sur facebook : "c'est inacceptable ! Un petit groupe pourrit la vie des autres. Certaines personnes d'origine étrangère se comportent comme une sorte de police des mœurs".
Un climat hostile aux gays et aux lesbiennes
Le Centre pour l'Egalité des Chances et de Lutte contre le racisme déplore, pour sa part, l'existence d'une mentalité discriminante à l'égard des gays et des lesbiennes à Bruxelles. En 2010, le Centre a eu connaissance de 215 agressions homophobes. Selon Jozef De Witte,directeur, c'est à la fois peu - comparé à d'autres villes européennes - et beaucoup trop.
"Des récits que nous entendons et des enquêtes que nous menons, il ressort que l'environnement est souvent hostile à l'égard des homos et des lesbiennes" déclare-t-il à nos confrères du Morgen. "C'est pourquoi, nous pensons que ces 215 plaintes sont très inférieures à la réalité", ajoute-t-il.
Lorsqu'on l'interroge sur les raisons de ce peu de plaintes, il répond : "[les personnes agréssées] ont peur d'endosser le rôle de victimes." La honte ou au contraire la fierté peuvent intervenir explique le directeur. "D'autres sont sceptiques et pensent que déposer plainte ne sert à rien. Ce qui est dommage, car du coup, nous ne savons pas vraiment ce qui se passe réellement dans notre environnement" conclut-t-il.
Homosexualité et politique : le paradoxe
Cette violence homophobe, qui a même incité la ville de Bruxelles à se lancer dans une campagne de sensibilisation contre l'homophobie, peut paraître totalement anachronique. Le plus célèbre homosexuel du pays, Elio Di Rupo, est en passe de devenir premier ministre.
On pourrait donc se demander comment une partie de la population reste si opposée aux orientations sexuelles différentes.
Mais un récent débat dans la ville de Mons, au sujet d'une campagne contre l'homophobie dans cette ville, a démontré que même parmi les politiques, les réflexes homophobes sont loin d'être absents. Certains élus MR se sont opposés à cette campagne et des journalistes français ont découvert que le MR, présent à la Belgian Pride du 14 mai dernier, soutient aussi discrètement des groupes comme "Action pour la famille" qui militent contre l'adoption par les homosexuels.
Mais la Belgique, n'est pas plus de 150 ans de paradoxes ? (MB).
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