Un manuel de torture pour l'armée anglaise Actua
Un manuel de torture pour l'armée anglaise
Actua

Un manuel de torture pour l'armée anglaise

L'armée britannique a distribué à ses officiers des manuels de torture : comment trouver l'équilibre entre la souffrance infligée et la nécessité d'obtenir des informations.  Avec la plus grande hypocrisie : le document condamne l'usage de la torture, mais laisse aux officiers la responsabilité de l'utiliser si nécessaire...

L'armée britannique est officiellement contre la torture.  A tel point qu'elle s'est cru obligée de le réaffirmer dans un manuel... de torture destiné aux officiers de l'armée britannique.

Le document - que le journal anglais The Guardian s'est procuré - commence par une condamnation en bonne et due forme de l'usage de la torture.

The Guardian - qui a été élu par les journalistes anglais "Journal de l'année" - publie ce document sur son site.

Un monument d'hypocrisie

Ce document équivaut à un monument élevé par l'armée britannique à l'hypocrisie.  En ouverture, on peut y lire : "les agences (les services secrets, NDLR) ne participent, ne sollicitent, n'encouragent ni n'approuvent l'usage de la torture ou de traitements dégradants."

C'est rassurant : l'armée britannique ne collaborera donc pas avec d'autres services étrangers dans des actes de torture ou de traitements dégradants.  Mais, malheureusement, le paragraphe suivant nous fait déchanter tout de suite :

"Là où, malgré les mises en garde et les garanties préalables, on considère qu'il y a toujours des risques de maltraitement et que, par conséquent, les actions des agences pourraient être considérées comme "illégales", ces actions ne peuvent être entreprises sans l'accord d'un supérieur hiérarchique.  Dans certains cas, il y a lieu de consulter un ministre d'abord."

Remarquez les précautions de langage : tout est au conditionnel.  On parle de risque.  On évoque les "mauvais traitements", mais le terme "torture" a entièrement disparu...

Et qu'est-ce qui préoccupe les responsables des services secrets ?  Les souffrances des prisonniers torturés ?  L'angoisse des familles ?

Non : ce qui préoccupe les responsables des services secrets de "sa gracieuses Majesté", c'est qu'on pourrait considérer "leurs actions" comme "illégales" et donc ils pourraient avoir des ennuis avec la justice...

Il faut donc éviter à tout prix "les fuites"...  Voilà ce qui préoccupe les autorités britanniques...

Pour rendre justice au gouvernement britannique, il faut ajouter que ces pratiques ont eu lieu sous le mandat de Tony Blair, entre 2002 et 2010, date de l'arrivée de Gordon Brown au gouvernement.  Tony Blair qui est pour l'instant dans le collimateur d'une commission d'enquête sur la guerre en Iraq.  La retraite de M. Blair pourrait s'avérer plus agitée que ses années à la tête du gouvernement néo-travailliste.  (MB).

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