Une macabre découverte nous emmène dans le Cachemire Indien, où plus de 2000 corps ont été retrouvés dans des fosses communes ce dimanche, de nouvelles victimes probables de la révolte qui divise cette région depuis plus de vingt ans.
La partie indienne du Cachemire, que l'on appelle l'état de Jammu et Cachemire, est le théâtre d'une insurrection contre l'administration de New Delhi, qui a déjà fait 50.000 morts depuis 1989. Un processus paix entamé en 2004 avec le Pakistan avait permis d'enrayer la violence avant la recrudescence de l'insurrection au début de l'été 2010.
La plupart des habitants du cachemire indien, à majorité musulmane, aspirent toujours à l'indépendance, et la tension est si vive qu'en vingt ans, le couvre feu n'a jamais été levé. Depuis le début du conflit, les homicides illégaux, les disparitions forcées et la torture violent ouvertement les dispositions du droit international relatif aux droits humains et du droit international humanitaire inscrites dans des traités auxquels l’Inde est partie.
Plusieurs charniers ont été découverts depuis 2006, dont un nouveau ce dimanche contenant plus de 2000 corps dans une fosse commune de la région. La présence du charnier a été révélée par l'ADP (l'association des parents de personnes portées disparues). Cela faisait trois ans qu'une équipe de onze personnes enquêtait dans la région pour retrouver la trace de dix milles personnes portées disparues.
L'armée indienne dément toute implication mais tout porte à croire que les corps découverts ce weekend sont ceux de rebelles et de militants étrangers, tués lors d'affrontements armés avec les forces militaires.
L'ADP n'en restera pas là et dénonce une nouvelle fois sur la scène internationale les actes de torture, de disparition forcées et autres actes graves de violence dont sont victimes les insurgés depuis vingt ans. Déjà dans un rapport en 2006, intitulé « Facts under Ground », l’Association des parents de « disparus », basée à Srinagar, faisait état de plus de 8000 personnes portées disparues dans le cadre des affrontements armés avec les forces militaires.
Amnesty International a appelé le gouvernement indien à condamner sans équivoque les disparitions forcées commises dans l'État de Jammu-et-Cachemire, et à veiller à ce que des enquêtes exhaustives, indépendantes et impartiales soient menées sans délai par des experts médicolégaux et conformément au protocole type de l’ONU approprié, dans tous les sites de la région où des charniers ont été découverts. Et de poursuivre : «toutes les allégations passées et actuelles de disparition forcée doivent faire l’objet d’une enquête et, lorsque qu’il existe des preuves suffisantes, toutes les personnes soupçonnées d’être responsables de tels crimes doivent être poursuivies en justice dans le respect des normes d’équité des procès, et toutes les victimes doivent pleinement obtenir réparation». (AD)
Un nouveau Charnier découvert au Cachemir
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