La crise de l'Euro est devenue si grave ces derniers jours que les responsables de l'Union européenne envisagent la tenue, ce vendredi, d'un sommet européen extraordinaire. A l'ordre du jour : éviter que la crise grecque ne contamine toute la zone euro. Et donc sauver la monnaie unique.
Panique à bord ! La crise grecque fait des petits ! Les autres Etats européens ont déjà prévu de réinjecter plus d'un milliard d'euros pour sauver l'économie grecque. Mais d'autres pays comme le Portugal, l'Espagne ou l'Italie accusent des difficultés majeures en ce moment. A tel point que les gouvernements européens pourraient organiser ce vendredi un sommet extraordinaire afin de sauver la monnaie unique, selon Herman Van Rompuy, président du Conseil européen.
Il est temps : les investisseurs perdent confiance dans la monnaie unique européenne. L'euro perd de sa valeur face au dollar. Lundi, il est passé sous la barre du 1,40 dollar. Ce serait bien pour nos exportations si nous étions en période faste. Mais nos clients sont aussi en crise. De plus, si nous importons en masse d'Asie et des Etats-Unis, nous exportons majoritairement vers nos voisins. Ainsi, les plus gros acheteurs de l'Allemagne - la locomotive économique européenne - sont la France, l'Italie et l'Espagne...
Ce qui effraie les investisseurs, c'est - une fois de plus - les désaccords entre les responsables européens. Si les Français et les Belges sont plutôt pour une intervention massive pour sortir les pays de la crise, des pays comme l'Allemagne ou les Pays-Bas en ont assez de se serrer la ceinture pour aider des pays qui ont vécu largement au-dessus de leurs moyens pendant des années... Le site du journal néerlandais Algemeen Dagblad citait ce mercredi matin l'expression la plus entendue dans le pays au sujet des Etats du Sud - Italie, Espagne, Portugal et Grèce - boevenbende, qu'on peut traduire poliment par "bande de voyous". Le ton est donné...
C'est dans un climat aussi difficile que les Européens doivent reconstituer rapidement une véritable "Union" avec des objectifs clairs, une méthodologie compréhensible par tous mais surtout des plans de sauvetage acceptables par les populations.
Ce qui est loin d'être évident. Le "nettoyage" de la dette grecque passe par une augmentation des taxes directes - la TVA, par exemple - des diminutions de salaires et de période de congé, des temps de travail plus long, des départs à la retraite plus tardifs... Autant de mesures qui suscitent la colère des Grecs.
Si les gouvernements européens n'arrivent pas à s'entendre très vite sur tous ces sujets, c'est l'existence-même de la monnaie unique qui est menacée. Et avec elle, la construction européenne.
Avec la mondialisation, perdre l'Europe, c'est retrouver une foule de pays grands comme des confettis face à des géants comme les Etats-Unis, la Chine, le Brésil ou la Russie. David et Goliath, ça marche dans la Bible. Ailleurs... (MB).
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