Une banque par les pauvres pour les pauvres Actua
Une banque par les pauvres pour les pauvres
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Une banque par les pauvres pour les pauvres

Un Vénézuélien homme d’affaires et humaniste a créé un nouveau système de financement pour les personnes qui n’ont pas accès au crédit. Après l’avoir implantée avec succès en Amérique latine, il a récemment introduit sa formule en Espagne, explique le quotidien El País.

Salomón Raydán possède la formule pour aider les pauvres sans dépenser un euro. Cet entrepreneur social, né en 1956 à Anaco (Venezuela), est à la tête d’une association, « Fundefir », qui, depuis quatorze ans, promeut la création de groupes de crédit et d’épargne capables de s’autofinancer. Grâce au programme « Globalizer » de l’ONG Ashoka, il a déjà exporté son idée dans sept pays, sur trois continents.

Baptisés « Bankomunales » en Amérique latine et « CAF » en Europe, ces groupes ont pour vocation de surmonter les problèmes que pose le microcrédit. Selon Raydán, le secret consiste à réguler le crédit sans avoir recours au système bancaire. “Je veux que les pauvres soient leur propre banque”, martèle-t-il.

Dans ces banques, ni banquier, ni client mais des « socios », des associés. Ces derniers, regroupés en communautés, gèrent tous les mécanismes financiers. Ils prêtent l’argent, établissent le taux d’intérêt, les échéances de remboursements...

Dans le quartier de Pedregal, à Caracas, Matilde Garcìa, 55 ans, a ainsi réalisé les travaux dont avait besoin sa maison. "Deux cents bolivars (NDLR: environ 36 euros) m’ont été prêtés. Je n’ai pas eu à faire la queue durant des heures à la banque, ni prendre de rendez-vous avec un banquier", raconte cette archiviste. "Le comité de crédit, des membres de la communauté, se réunissent. Ils vérifient si le demandeur du crédit rembourse dans les temps ou non, s’il a des échéances en cours de paiement. Nous nous connaissons tous. Il est donc plus simple de discuter et parfois d’accepter un remboursement avec retard."

Dans 25% des cas, ces microcrédits sont utilisés pour des urgences médicales, d’autres fois pour aider au lancement d’une petite entreprise ou encore donner un coup de pouce financier pour les nombreux besoins de la vie quotidienne. C'est le cas dans la communauté de Matilde: "Dans notre groupe, la plupart des sommes prêtées sont utilisées pour payer des médicaments, des hospitalisations ou des frais de scolarité."

Salmòn Raydán est diplômé de la London School of Economics, mais il n’oublie pas les leçons qu’il a apprises à l’université, lorsqu’il étudiait la philosophie. Préserver le caractère humain de l’argent est l’une des devises des « Bankomunales ». Raydán assure qu’un tel principe a des applications très concrètes : “Tout ce que je prône, c’est la rationalisation du système financier.”

"Les plus démunis ont besoin de crédit rapidement. Ils ont souvent recours à des prêts dans les milieux informels, auprès de leurs parents, de leurs amis", commente Salmòn. "Il est faux de croire que les pauvres ne peuvent être aidés que par des fonds extérieurs. Ils possèdent les solutions à leurs problèmes."

Au Venezuela, comme partout dans le monde, les crédits sont difficilement octroyés aux moins riches. Pour le fondateur du concept, les « Bankomunales » est un principe « exportable ». Des communautés se sont créées en Bolivie, en Espagne, au Portugal ou encore au Sénégal et comptent plus de 13.000 associés. (AD)

http://www.dailymotion.com/video/xbp7nc_conversando-con-salomon-raydan-de-f_creation#from=embed&start=8

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