Rebecca et Lucia, deux sœurs siamoises nées le 25 juin dernier, doivent être séparées. Elles sont nées avec un coeur et un foie pour deux. Or, cette intervention chirurgicale condamnera l’une d’entre elles car la séparation d’enfant siamois reste une intervention extrêmement délicate et complexe. Ni les parents ni les médecins ne veulent choisir entre les deux sœurs.
L’enfer de la famille de Rebecca et de Lucia a commencé lors d’une échographie pendant la grossesse de leur maman à la douzième semaine. L’examen révèle que les siamoises n’ont qu’un cœur, qu’un foie et qu’un morceau d’intestin.
Les parents, catholiques pratiquants, refusent absolument l’avortement au nom de la vie. Les petites sont nées par césarienne quelques semaines après. Désormais, il faut les séparer et sacrifier l’une d’elle pour que l’autre puisse vivre.
Les médecins ne veulent pas assumer un tel choix. Les parents ne se prononcent pas non plus. Personne ne veut prendre cette difficile décision. Or, cette opération est urgente car les siamoises ont atteint les deux kilos. Elles ont chacune les mêmes chances de survie.
Le 1er juillet dernier, les médecins ont demandé à un tribunal de trancher. Le verdict : c’est aux parents de décider. Les parents campent sur leur position et ne veulent pas choisir. Les médecins ont alors pris la décision d’attendre afin de laisser vivre, celle des siamoises, qui sera la plus forte.
En novembre 2000, la séparation de deux petites anglaises avait déjà fait grand bruit au Royaume-Uni pour les mêmes raisons. Les deux fillettes, «Mary» et «Jodie», étaient reliées par la partie inférieure de l'abdomen. Les médecins avaient averti que si les deux fillettes n'étaient pas séparées, elles mourraient toutes les deux en quelques mois. Les parents des siamoises, identifiés comme étant de fervents catholiques de l'île maltaise de Gozo, avaient décidé de ne pas faire appel de la décision prise par le juge saisi de l’affaire autorisant la séparation des deux fillettes. Un dernier recours, interjeté par « Pro-Life Alliance », une association anti-avortement qui entendait que cette affaire soit jugée par la Chambre des Lords, avait été rejeté par le même juge. Après de très longues heures d’opération, seule la petite « Jodie » avait survécu à l’opération de séparation. « Mary » était décédée.
Dans cette nouvelle affaire italienne, une question se pose aux confins de la religion et de l’éthique médicale: faut-il, au nom de sa croyance religieuse, mettre au monde un enfant atteint de malformations graves pour finalement « laisser à la nature le soin de terminer son travail » dans d’atroces et inutiles souffrances pour un tout jeune petit être. Le bon sens ne commanderait-il pas d’autres choix ? (AD)
Une des deux jumelles siamoises italiennes devra être sacrifiée
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