Une fille de 14 ans esclave sexuelle d’un déficient mental Actua
Une fille de 14 ans esclave sexuelle d’un déficient mental
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Une fille de 14 ans esclave sexuelle d’un déficient mental

Une jeune fille en provenance de l'Est a été achetée il y a un an pour servir d'esclave sexuelle à une personne déficiente mentale, en Suède. Un fait divers dramatique qui repose la question douloureuse de l’assistance sexuelle pour les personnes handicapées.

Une jeune fille de 14 ans, maintenue en captivité pendant un an à Göteborg (Suède) par un malade mental qui en avait fait son esclave sexuelle, vient d'être libérée par la police suédoise, ont rapporté mercredi des médias suédois. La famille de cet homme avait fait venir la jeune fille de Belgrade où elle l'avait «achetée» pour « soulager » les besoins de leur fils.

Selon le quotidien «Expressen», la famille du déficient mental âgé de 25 ans a estimé que leur fils se porterait mieux s'il avait une femme et a donc «acheté» la jeune fille pour 1000 euros à son père qui réside à Belgrade. Toujours d'après le journal, le calvaire de la victime a commencé en septembre 2010.

Quotidiennement violée

Le nom de la jeune fille n'a pas été révélé. Mais toujous selon «Expressen», elle a déclaré à la police qu’elle avait été quotidiennement soumise à des menaces, des agressions physiques et des viols. Elle serait même tombée enceinte et aurait fait une fausse couche durant sa captivité.

Selon l'agence de presse suédoise TT, un tribunal de Göteborg a ordonné l'arrestation de quatre personnes, dont le malade mental et le père de la fillette, sous la suspicion de trafic d'être humain.

Assistance sexuelle

Ce dramatique fait divers repose la question souvent occultée de l’assistance sexuelle aux personnes handicapées. Car si avoir une vie sexuelle est considéré comme un droit, ce droit ne doit pas être réservé aux personnes valides. Or, handicapés moteur ou déficients intellectuels, la plupart des personnes en situation de handicap vivent leur condition comme un obstacle au plaisir. Comment assouvir leurs désirs et envisager une relation amoureuse quand tous nient leurs besoins vitaux ?

Face au désarroi des parents et des centres de vie communautaire qui hébergent des personnes handicapées, certains pays, osant dénoncer l’hypocrisie d’un système, se sont déjà poser la question de savoir s’il fallait créer un statut d’assistant sexuel à la personne souffrant de handicap et comment.

Aujourd’hui, la Suisse s’avère être une pionnière en ce domaine en érigeant l’assistance sexuelle en véritable métier. Ni prostitué(e) ni infirmièr(e), l'assistant(e) sexuel(le)  prodigue, contre rémunération, des soins « érotico-sexuels » à des patients handicapés et en situation de « manque » sexuel. Cela peut aller de caresses sensuelles, en passant par de la masturbation et des pratiques orales, mais sans pénétration. La première formation de ce type a démarré en 2003, en Suisse alémanique, à l’initiative de la sexo-pédagogue Catherine Agthe-Diserens : « ce nouveau métier répond à une véritable demande et permet d'apaiser des souffrances. Il faut arrêter de prendre les handicapés pour des anges sans sexe. Comme nous, ils ont des besoins et des envies et une libido.»

A côté de sa profession de naturopathe dont il partage le cabinet avec sa femme, Lorenzo Fumagalli, assistant sexuel dans la région tessinnoise (Suisse alémanique) veut répondre à la demande de personnes handicapées. Il estime lui aussi que « la sexualité est un besoin humain que tout le monde a le droit de vivre ». Christine, elle, ne se fait pas rémunérer. Cette esthéticienne-relaxologue marseillaise raconte comment elle a finalement « décidé de partir en combat avec eux ». Christine parle de donner de la douceur, de la tendresse et du toucher. «On trouve normal que des gens prêtent leurs yeux pour lire aux aveugles. Pourquoi ne prêterais-je pas mes mains pour masturber quelqu’un qui ne peut pas le faire parce qu’il souffre d'un handicap?»

Une forme de prostitution?

Sur le plan légal, « l’accompagnement à la vie affective et sexuelle »  est souvent assimilée à de la prostitution alors que ses promoteurs en jugent autrement.  Après la Suisse, les premiers pays à avoir ensuite emboité le pas et reconnu ce genre de pratiques sont les Pays-Bas (le SAR), l'Allemagne (le SENSIS) et le Danemark. Depuis ce début d’année, l’assistance sexuelle des personnes handicapées devient également un sujet sensible et d’actualité chez nos voisins français.

Aborder la question du métier d’assistant sexuel n'est donc certes pas facile et demande le franchissement de nombreuses barrières. Si actuellement la prestation ne comprend ni baisers ni pénétrations, elle peut ressembler à de la prostitution, d'autant plus qu'elle est rémunérée (100 euros de l'heure en Suisse et partiellement remboursée au Pays-Bas à raison de deux séances par mois). Or, « la mise à disposition de son corps pour le plaisir d’autrui contre de l’argent » est la définition-même de la prostitution. Et même si l’accompagnateur sexuel est sélectionné et doit recevoir une formation pour apprendre à connaître et à guider ces «corps différents ou paralysés», ce service à la personne ouvre le débat : assistant sexuel et prostitution, quelle est la limite ?

Des questions qui mériteraient d’être abordée avec beaucoup de franchise et sans non-dits par nos politiques. Car le mot plaisir reste en effet tabou et semble plus déranger finalement plus que celui de douleur ou de souffrance.

Pour Catherine Agthe-Diserens, il faut impérativement ré-humanisation les personnes handicapées. Parce que finalement, l’équation est simple : accessoirement « handicapé » mais essentiellement « humain », on a tous envie un moment ou à un autre de grimper au 7ème ciel ! Il suffit dès lors de mettre en place le cadre adéquat. (AD)

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