Une mère de famille de Reims a fait suspendre les comptes Facebook de l’homme qui avait agressé sexuellement sa fille. Elle cherche aujourd’hui à obtenir une décision de justice lui interdisant l’accès à tous les réseaux sociaux.
L’agresseur de la fille de Sophie Mansuy, condamné pour des agressions sexuelles et des viols survenus en 2005 et 2006, a écopé de cinq de prison, accompagnés de trois ans de suivi sociojudiciaire. Sophie Mansuy n’était pas au courant de sa sortie de prison, elle croise le pédophile de 38 ans dans la rue début 2011. Sophie a alors l’idée de mener une petite enquête sur Internet.
A sa grande surprise, la maman s’aperçoit quelques semaines plus tard qu’il s’est ouvert deux pages Facebook. Son avocat, Me Emmanuel Ludot, raconte à ParisMatch.com qu’elle découvre alors qu’il «propose de se lier d’amitié avec des jeunes filles». «On reconnaît le mode opératoire des précédentes infractions sexuelles. Ce n’était pas quelqu’un qui utilisait la surprise ou la violence, mais qui rendait des services, qui jouait sur l’amitié», explique Me Ludot.
Au-delà du cas de Sophie Mansuy et de sa fille, l’avocat veut attirer l’attention sur le vide juridique et dénonce l’attention que porte le gouvernement à l’alourdissement des peines. «Il oublie que l’essentiel pour la délinquance sexuelle, c’est l’après. Le Parlement devrait peut-être légiférer pour moderniser ce suivi. Et il faut donner plus de moyens au juge d’application des peines.» Et de conclure, tranchant: «Si les parents des victimes sont obligés de s’occuper du comportement des délinquants après l’exécution des peines, c’est qu’il y a un problème en France».
(ST)
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