Une société fait porter des couches à ses ouvriers pour supprimer les pauses Actua
Une société fait porter des couches à ses ouvriers pour supprimer les pauses
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Une société fait porter des couches à ses ouvriers pour supprimer les pauses

Certains patrons ne savent plus quoi inventer pour améliorer la productivité de leur main d’œuvre. Au Honduras, les ouvriers d’une usine de l’entreprise américaine Lear affirment avoir été contraints de porter des couches au travail afin de ne pas perdre de temps en pause-pipi, rapporte le quotidien Hondurio.

La branche hondurienne de Lear Corporation, une entreprise au capital américano-coréen  spécialisée dans la fabrication de câbles électriques et d'équipements d'intérieur d'automobile est sous le feu des projecteurs après que l’affaire ait été révélée par Daniel Durón, secrétaire général de la Central General de Trabajadores, ’un des principaux syndicats du pays. Ce dernier a affirmé à la chaîne de télévision locale TVN Hondured avoir recueilli le témoignage accablant de plusieurs employés, "principalement des femmes".

Selon lui, cette règle a été instaurée car les chaînes de montage sur lesquelles travaillent les salariés fonctionnent en continu. Face à ce problème, la seule solution trouvée par les dirigeants de Lear a été de faire en sorte que les ouvriers « s'urinent dessus pour ne pas aller aux sanitaires » et restent en permanence à leur poste de travail. Pire, ils doivent eux-mêmes financer les couches qui leurs permettent de terminer chaque journée dans des conditions d’hygiène à peu près convenables, la société ayant refusé de les leurs fournir à titre gracieux.

Déjà en 2005 les 4000 travailleurs et travailleuses du site devaient demander la permission à leur chef d'équipe pour aller aux toilettes et après avoir obtenu du contremaître la présence d'un remplaçant ils devaient se rendre demander du papier de toilette au bureau des ressources humaines et retraverser l’usine le rouleau à la main. Durant tout le temps de la démarche un garde armée accompagnait le travailleur. Depuis, les plaintes recueillies par les syndicats dénoncent des méthodes de plus en plus scandaleuses. Des accusations rejetées par le représentant légal de la société, Edgardo Dumas qui déclare à la station de radio HRN que « les allégations des travailleurs et le ministère du Travail sont fausses et téméraires».

D'après le représentant syndical, une délégation de l'entreprise états-unienne devrait se rendre sur place afin de rencontrer l’employeur local, ainsi que le ministre du Travail qui a demandé l’ouverture d’une enquête. Une victoire partielle pour Daniel Durón. (AD)

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