L'exécution d'un condamné à la peine de mort dans l'Etat de Géorgie (USA) a été filmée, à la demande d'un autre condamné. Ce dernier souhaite démontrer à l’opinion publique que l'injection d'un produit paralysant fait souffrir inutilement les condamnés.
C’est l’histoire d’un condamné à mort qui utilise l’exécution d’un autre pour avancer dans le combat abolitionniste qui se joue actuellement aux Etats-Unis contre la peine capitale. Le condamné Gregory Walker, détenu dans le couloir de la mort, a demandé à la justice géorgienne de filmer l’exécution d’Andrew Grant DeYoung pour montrer les souffrances exactes endurées lors d’une mise à mort, et pour prouver que la méthode retenue, l’injection de pentoarbital, un produit anesthésiant aussi utilisé pour euthanasier les animaux, n’est pas sans douleur pour celui qui la reçoit.
Rétroactes - Andrew Grant DeYoung, 37 ans, a été condamné à mort, pour le meurtre de ses parents et de sa soeur en 1993. Il a être exécuté par injection dans une prison de Géorgie, à 19 heures, heure locale (3 heures ce vendredi en Belgique).
Mais voilà, plusieurs Etats américains ont eu recours au pentoarbital ces derniers mois pour réaliser les injections. En cause : une pénurie des anesthésiants utilisés habituellement.
Les avocats de Gregory Walker, un autre condamné à mort géorgien, Gregory Walker, ont donc obtenu de la justice que l'exécution soit filmée, a indiqué à l'AFP Richard Dieter, directeur exécutif de l'association abolitionniste « Death Penalty Information Center » afin de démontrer le caractère douloureux et inapproprié du pentoarbital.
Le ministère de la Justice de l'Etat a tenté en vain d'empêcher la présence d'une caméra, disant redouter que les images de l'exécution se retrouvent sur internet. Mais M. Dieter se réjouit qu'une mise à mort soit enfin filmée, soulignant que "très peu de gens" sont habituellement admis à assister à une exécution. Pourtant, de l’aveu même de Richard Dieter, la souffrance ne sera sans doute pas visible à l’œil nu du fait de la présence d’un second produit paralysant entièrement le corps du condamné, mais les images devraient au moins permettre aux gens de se faire une « certaine idée de ce qui se passe ».
Où et quand cette vidéo sera-t-elle diffusée ? Nul ne le sait encore. Pour rappel, en 1992, en Californie, l’exécution d’un condamné à la chambre à gaz avait déjà été filmée : le choc des images retransmises avait permis de faire abolir cette méthode dans l’État.
Selon un rapport d’Amnesty International datant de ce dernier mois de mars, les pays qui recourent encore à la peine de mort sont de moins en moins nombreux, 22 pays ayant aboli la peine capitale sur ces dix dernières années. La peine de mort est encore prévue dans les textes de 100 pays dans le monde. (AD)
Processus de mise à mort:
Le condamné est attaché à une table et un membre de l'équipe d'exécution place plusieurs électrodes sur sa peau afin de suivre le rythme cardiaque. Deux aiguilles sont placées dans les veines, généralement dans les bras du détenu. De longs tubes relient l'aiguille à plusieurs goutte-à-goutte intraveineux par un trou dans un mur de ciment.
La première injection est une solution saline inoffensive. Puis, au signal du surveillant, un rideau est ouvert, exposant le détenu aux témoins dans une pièce voisine. Le détenu reçoit alors une injection de sodium thiopental - un anesthésique qui endort le détenu. Ensuite on injecte le pavulon ou bromure de pancuronium, qui paralyse entièrement le système musculaire et arrête la respiration du détenu. Et enfin, l'injection du chlorure de potassium arrête le coeur.
La mort résulte du surdosage anesthésique et de l'arrêt respiratoire tandis que la personne condamnée est inconsciente.
L'éthique médicale interdit aux médecins de participer aux exécutions. Cependant, un docteur confirmera la mort du détenu. Ce manque de participation médicale peut être problématique car la plupart du temps ces injections sont effectuées par des techniciens inexpérimentés. Si un des membres de l'équipe d'exécution injecte les drogues dans un muscle au lieu d'une veine, ou si l'aiguille est obstruée, une douleur extrême peut résulter. Beaucoup de prisonniers ont des veines endommagées en raison de la consommation de drogue par intraveineuse et il est parfois difficile de trouver une veine utilisable.
USA : peine de mort filmée pour prouver son caractère inhumain
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