Violée et séquestrée pendant 18 ans : sa lettre à son bourreau Actua
Violée et séquestrée pendant 18 ans : sa lettre à son bourreau
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Violée et séquestrée pendant 18 ans : sa lettre à son bourreau

Jaycee Lee Dugard avait 11 ans quand Philipp Garrido et sa femme Nancy l'ont kidnappée.

Enlevée en 1991, Jaycee Lee a passé toute la durée de sa séquestration dans des cabanons de fortune au fond du jardin des Garrido, à Antioch, à 70 km de San Francisco. Aux policiers qui l'ont retrouvée en août 2009, elle a expliqué n'avoir jamais tenté de s'enfuir par peur des chiens de garde des Garrido dans un premier temps, puis par crainte de ne pouvoir subvenir aux besoins de ses filles.

Voici la déclaration de Jaycee Dugard adressée à Phillip et Nancy Garrido, condamnés respectivement à 431 ans et 36 ans de prison jeudi pour l’avoir violée et séquestrée pendant 18 ans en Californie. Elle a été lue devant la cour par la mère de Jaycee, Terry Probyn.

«J'ai choisi de ne pas être ici aujourd'hui car je refuse de perdre une seconde supplémentaire de ma vie en votre présence et j'ai préféré que ma mère lise ceci pour moi ». Ainsi commence la déclaration lapidaire de Jaycee Lee Dugard, lue lors du procès de ses ravisseurs ce jeudi.

Jaycee Lee, aujourd'hui âgée de 31 ans, poursuit en accablant ses ravisseurs, et plus particulièrement l’homme : «tout ce que tu m'as fait était mal et j'espère qu'un jour tu t'en rendras compte. (…) J'ai haï chaque seconde de chaque jour pendant 18 ans à cause de toi et de la perversion sexuelle à laquelle tu m'as forcée». « A toi, Nancy, je n’ai rien à dire ! ».

«En pensant à toutes ces années, je suis en colère car vous avez volé ma vie et celle de ma famille», se désole encore la jeune femme, qui vit aujourd'hui dans un lieu tenu secret avec ses deux filles qu’elle a eues de son bourreau et âgées aujourd’hui de 12 et 15 ans. L'Etat californien, reconnaissant sa négligence dans cette affaire car Garrido, déjà condamné pour viol, faisait l'objet d'un contrôle judiciaire, a accordé à la victime 20 millions de dollars de dommages et intérêts.

A la fin de sa lettre, Jaycee Lee Dugard souhaite à ses ravisseurs «autant de nuits sans sommeil» qu'elle-même en a connues, avant de les rayer symboliquement de son esprit : «je suis entourée d'une famille et d'amis merveilleux. C'est quelque chose que vous ne pourrez jamais m'enlever. Vous n'avez plus aucune importance». (AD)

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