A Eindhoven vient de débuter, jeudi 26 juin, la Coupe du monde de foot des robots. De prime abord amusement pour technophiles, la compétition est en réalité un moyen de développer des avancées technologiques applicables ensuite dans d'autres champs de la robotique.
Les premiers matches ont été déjà ardemment disputés : un robot de la catégorie "taille moyenne" de l'équipe allemande a récolté un carton jaune pour avoir essayé de voler le ballon à son adversaire néerlandais alors qu'une pause avait été sifflée.
Réunis par équipes de cinq, ces robots ressemblent à des tabourets renversés et sont équipés de roues multidirectionnelles pour pouvoir se diriger où bon leur semble. Ils sont surmontés d'une petite tour abritant une caméra, dirigée vers le haut et réfléchie par un miroir, qui leur permet de voir autour d'eux.
Une fois le match commencé, les robots sont autonomes. Leurs concepteurs, impuissants et tendus, suivent le déroulement de la compétition depuis le banc de touche. Les robots communiquent entre eux par wifi et via un logiciel développé par les universitaires. Ils analysent le jeu et décident seuls de passer à l'attaque ou de passer le ballon à un coéquipier.
Sous le toit de la grande salle de sport d'Eindhoven, une dizaine de terrains accueillent les matchs, répartis en six catégories. Parmi celles-ci, les robots de forme humanoïde de petite ou grande taille, ou les robots de "taille moyenne" comme ceux des Néerlandais et des Allemands.
Avancées technologiques
Le but avoué de la compétition est de parvenir d'ici à 2050 à monter une équipe qui pourra rivaliser avec les champions du monde de football professionnel humains, "comme Messi", assure, plein d'espoir, l'un des participants, venu tout spécialement du Chili.
Les robots devraient alors être de forme et de taille humaine, et capables d'attraper le ballon avec les pieds, la tête ou la poitrine, de faire des passes, et de marquer des buts. « Il ne s'agit pas uniquement de football, il s'agit de la technologie qu'il y a derrière ces robots », assure à l'AFP Dan Padilha, 21 ans, étudiant australien en ingénierie. « Nous développons différents choses, comme la capacité à détecter le ballon ». « Il s'agit de technologies qui peuvent être transférées vers différentes industries, comme par exemple la communication sans fil entre les robots », a-t-il ajouté.
Ces connaissances, développées dans l'amour du ballon rond, seront adaptées à d'autres domaines mais aussi à différents types de robots : plus loin, des "robots-sauveurs" s'affrontent eux aussi. Capables de se déplacer sur des zones difficiles, d'ouvrir des portes, de monter des escaliers, ils peuvent également, via une caméra thermique, identifier des victimes d'une catastrophe naturelle.
Des poupées ont été placées dans une zone remplies d'obstacles en contreplaqué, représentant une zone frappée par une catastrophe naturelle, afin de représenter des victimes. « Il faudra encore quelques années avant de pouvoir vraiment utiliser ce genre de robots dans une vraie situation », explique néanmoins à l'AFP le chef de l'équipe autrichienne, Raimund Edlinger. « Mais c'est un bon exercice pour développer des meilleurs robots et pour ceux qui les commandent », ajoute-t-il, montrant d'une main les écrans rassemblant les images des quatre caméras équipant son robot. (AD et AFP)
C’est la coupe du Monde des robots footballeurs (vidéo)
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