A quelques semaines des élections, Moto-Online.be et Moto & Loisirs ont voulu connaître le point de vue des principaux partis politiques sur les motocyclistes et l’usage de la moto en général.
Nous avons rédigé huit questions que nous avons envoyées aux cinq grands partis (PS, MR, CDH, FDF et Ecolo). Voici la première question, ainsi que les réponses des différents partis. Les autres questions, ainsi que leurs réponses, seront publiées régulièrement sur notre site avant la date fatidique du 25 mai.
- La question : Une augmentation de 10% du nombre de motocyclistes diminuerait de 40% le nombre d’heures et de kilomètres de files en Belgique, comme l’indique une étude menée par Transport & Mobility de Louvain pour la FEBIAC. Pourquoi ne fait-on pas davantage la promotion des motos/scooters en tant que moyens de transport alternatifs ?
Les réponses :
cdH : "Le cdH est convaincu que les deux-roues motorisés ont leur place dans la circulation et figurent parmi les alternatives à l’utilisation de la voiture et à la lutte contre la congestion de nos villes. Ainsi, le cdH propose de promouvoir l’usage des deux-roues en misant sur la sécurité. Sous l’impulsion du cdH, plusieurs mesures ont été prises pour encourager et sécuriser l’usage de la moto :
- Ainsi, le Secrétaire d’Etat fédéral à la Mobilité, Melchior WATHELET a facilité l’usage de la moto, comme par exemple le fait d’utiliser les bandes de bus.
- Carlo DI ANTONIO, ministre wallon de Travaux publics, a continué la politique de Benoît LUTGEN, qui vise à installer 60 km de lisses sous les rails de sécurité autoroutiers et près de 50 km de ces lisses sur les voiries régionales. C’est un bel effort qui doit être poursuivi, toujours avec des budgets spécifiques.
- Ils ont également mis en place un cahier des charges type appelé « QUALIROUTES » où sont dorénavant prévus un degré important de rugosité des marquages routiers et des exemples de taques d’égouts plus adaptées à la sécurité deux roues. Bien entendu, une seule législature ne suffit pas pour adapter nos infrastructures routières en conséquence. Des budgets devront donc encore y être consacrés pour les années à venir et on devra renforcer les inspections en la matière, englobant les autorités communales dans cette nouvelle dynamique, et ce en collaboration avec les associations de motards.
- Carlo DI ANTONIO, ministre wallon de Travaux publics, a mis à disposition des motards un guide afin que les projets d’aménagements routiers tiennent dorénavant mieux compte des deux roues motorisés et que les voiries actuelles soient adaptées en conséquence. A l’avenir des budgets spécifiques devront être consacrés à ces adaptations également au niveau communal.
- Citons, également, la proposition de loi au Sénat de Vanessa MATZ qui vise à renforcer la sécurité des motards en permettant d’octroyer une réduction sur facture à l’achat d’un équipement complet de motards (15% du prix de vente).
En outre, le cdH propose d’améliorer le marquage au sol (dont la qualité des matériaux utilisés) et la signalisation sur l’ensemble du réseau routier existant. L’investissement, peu coûteux, permet d’améliorer la sécurité des usagers faibles. Le cdH propose de mieux tenir compte des deux-roues motorisés dans chaque nouveau projet de voirie (rénovation ou construction.)"
Ecolo : "Les deux roues motorisées sont effectivement, dans de nombreux cas, un moyen de se déplacer bien plus efficace que la voiture. Pour rendre cette alternative plus attractive, il nous semble que la sécurité des motards doit retenir prioritairement l’attention des responsables politiques. Ecolo entend tout d’abord rendre les routes plus sûres, en investissant prioritairement dans l’entretien et la remise en état du réseau routier existant, en ayant une attention toute particulière aux usagers des deux roues. Outre des campagnes de promotion qui seront certainement utiles, il nous semble également primordial de continuer et amplifier les campagnes de sensibilisation des automobilistes relatives à la sécurité des motards. Il convient également de tenir davantage compte des deux roues dans les politiques de stationnement, par la mise à disposition d’emplacements adaptés n’entravant pas la circulation des piétons."
FDF : «Ne pas promouvoir la moto/le scooter est un choix erroné. Le 2 roues est si peu encombrant et si pratique, et nous sommes convaincus qu’il est un élément essentiel pour fluidifier le trafic. Malheureusement, la moto est trop souvent perçue négativement par les non-initiés. Elle est, à tort, considérée comme moyen de transport peu confortable et surtout dangereux. Pour palier cela, nous avons dans notre programme des idées peu onéreuses afin d’accroitre la sécurité routière avec des points bien spécifiques pour la moto. En plus d’une fiscalité plus appropriée, ces améliorations concernant la sécurité pousseront d’avantage les usagers à opter pour ce moyen de transport.
Nous sommes conscients que la Belgique est le pays du 2 roues par excellence. En moins de 50 ans, plus de 50 titres de champions du monde en tout terrain et tout autant en non motorisé (Grands Tours, Giro, TT, etc… et mondial). Il convient donc de promouvoir plus le 2 roues qui est l’honneur du pays depuis toujours, … cet univers que le monde entier nous envie.»
MR : "Le MR partage le constat posé. Il est évident que ce mode de transport alternatif doit être favorisé et que des mesures concrètes doivent accompagner la promotion des deux roues motorisées. Outre des mesures fiscales que le MR propose comme l’application d’une réduction du taux de TVA sur les équipements de sécurité et sur les cours de conduite, il est évident que l’attrait pour ce type de mode de transport nécessite un renforcement de la sécurité. En effet, les motards sont des usagers de la route vulnérables. Par conséquent, il est vital (au sens premier du terme) que les infrastructures routières ne soient pas un facteur aggravant en cas d'accident. Pensons en particulier aux marquages au sol qui, mal conçus, peuvent se révéler être de véritables patinoires par temps de pluie ou encore les rails de sécurité mal adaptés qui peuvent devenir de véritables guillotines pour les motards ou cyclomotoristes qui glissent dessus ou en-dessous en cas d'accident, et cela sans oublier les taques d'égouts qui peuvent représenter un obstacle en saillie ou être extrêmement glissantes sous la pluie.
En vue de renforcer la sécurité de ces utilisateurs, le MR propose de :
- Modifier le code de la route et la loi du 21 novembre 1989 relative à l’assurance obligatoire de la responsabilité en matière de véhicules automoteurs afin de considérer les conducteurs de cyclomoteurs et de motocyclettes comme usagers faibles à l’égard des automobiles. À l’heure actuelle, seuls les piétons et cyclistes sont considérés comme usagers faibles. Les motocyclettes ainsi que les cyclomoteurs font partie des usagers dits forts, au même titre que les autos et les camions.
- Améliorer les aménagements de voirie et de consulter systématique un représentant des deux roues motorisées lors de l’élaboration de ces travaux.
- Désigner un « Monsieur moto » au sein de la Direction générale opérationnelle des routes en Wallonie, interlocuteur privilégié entre la Région, les pouvoirs locaux et les associations représentatives des motards, afin de conseiller les communes lors de leurs divers aménagements routiers, de signaler les problèmes concrets d’infrastructures et d’entretien, les dangers existants et potentiels aux gestionnaires responsables afin de les solutionner au plus vite. Il convient naturellement de procéder de la sorte en Région bruxelloise.
- En outre, pour faciliter la mobilité des deux roues motorisées et rendre ce type de transport attractif et alternatif à la voiture par exemple, le MR suggère de doter les bandes de bus des panneaux adéquats autorisant la circulation des deux roues motorisées dans ces couloirs."
PS : "Le PS est favorable à la promotion des deux-roues motorisés. Ils ont tout à fait leur place sur nos routes et offrent l’avantage de réduire la congestion routière. La priorité est d’assurer de bonnes conditions de circulation en toute sécurité aux actuels et futurs motards, afin de convaincre davantage d’usagers. Il faut pouvoir garantir à chacun la sécurité de ses déplacements.
Cela passe par la poursuite du plan de rénovation des routes, une meilleure sensibilisation des motards et des autres usagers pour assurer une bonne cohabitation et une prise en compte systématique des besoins et des spécificités des deux-roues (détection rapide des défauts sur les routes, « Monsieur Moto » désignés auprès des gestionnaires de voiries, adaptation des glissières de sécurité et des marquages/revêtements routiers, collaboration avec les associations de motards, prise en compte systématique des deux-roues dans la gestion des voiries,…).
Il faut enfin améliorer les performances environnementales des deux-roues pour qu’ils deviennent davantage encore un moyen de transport performant et efficace."
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