Ceux qui croient au progrès perpétuel et à la croissance indéfinie nous font miroiter les bienfaits écologiques de la voiture électrique mais la voiture électrique est une quatre roues sans fumée d’échappement certes, mais non sans nuisances d’un autre ordre, ce que les constructeurs évitent de relever.
La voiture électrique a en effet besoin d’électricité pour rouler. « Or celle-ci ne tombe pas du ciel (sauf durant les orages, sous forme de foudre assez difficile à dompter). Elle provient de combustibles fossiles (en voie de raréfaction et de renchérissement, en outre fauteurs d’effet de serre), de centrales nucléaires (le problème, et non la solution) ou de ressources renouvelables (loin de suffire à la tâche, demain comme aujourd’hui) », peut-on lire dans Le Nouvel Observateur.
Comment produirions-nous dès lors assez d’énergie électrique pour faire rouler non seulement un milliard de véhicules aujourd’hui et les trois milliards en 2050, tels qu’estimés par les « prévisions » du FMI ? Une seule solution : le nucléaire.
L’exemple français
En France, par exemple, posséder un parc automobile "branché" exigerait qu’on ajoute deux réacteurs nucléaires au parc actuel pour une alimentation des véhicules en mode de chargement "lent" – celui qui requiert une nuit pour requinquer la batterie et permettre un parcours d’une centaine de kilomètres le lendemain. Le mode de chargement "rapide" (une demi-heure dans la prise) nécessiterait, quant à lui, dix-sept réacteurs atomiques supplémentaires, ou leurs équivalents thermiques.
Une utopie
Certes, « on construit des automobiles électriques et qui roulent. On les montre au peuple ébahi. Elles inspirent les journalistes et les politiciens crédules. Elles permettent aux riches de devenir "écolos" dans la version "peinture verte". Mais la voiture électrique pour tous n’existera jamais. À moins que l’humanité ne domestique très vite l’énergie de fusion nucléaire (ce qui serait une surprise), ou qu’elle ne découvre le secret du mouvement perpétuel (ce qui étonnerait encore davantage le physicien) », poursuit Le Nouvel Observateur.
Une évidence s’impose : ceux qui croient à la voiture électrique en 2012 croient surtout aux retombées positives pour leur portefeuille.
Très peu de pays se détournent du nucléaire
Depuis l’accident de Tchernobyl, en 1986, jamais l’industrie nucléaire n’avait connu pareille remise en cause. La catastrophe de Fukushima a ébranlé les plus farouches partisans de l’atome, mais peut-être pas encore assez.
Si certains pays, comme l’Allemagne, la Belgique et la Suisse, ont pris la décision d’arrêter progressivement leurs centrales, l’industrie de l’atome semble avoir depuis repris des couleurs. Des projets ont effectivement été annulés ou différés, mais ça n’a pas marqué la fin du secteur nucléaire.
Ainsi, rien qu’en Europe, 24 nouveaux réacteurs sont en projet. Les Etats-Unis ont validé la construction de nouvelles tranches, pour la première fois depuis 1979. La Chine et l’Inde prévoient de leur côté la mise en chantier de dizaines de réacteurs dans les années à venir. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) s’attend même à ce que le Vietnam, le Bangladesh, les Emirats arabes unis, la Turquie et la Biélorussie démarrent bientôt la construction de leurs premières centrales nucléaires.
Plusieurs centaines de personnes ont manifesté ce dernier week-end à l’occasion du premier anniversaire de Fukushima pour demander la fin de l’atome. Mais voilà, de lourds intérêts économiques sont en jeu. La sortie du nucléaire provoquerait notamment un doublement du prix de l’électricité. (AD)
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